Michel Perrin - Mes maquettes    :    L'Hermione

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Arsenaux et Matériaux


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Les besoins en matières premières
La constitution des réseaux
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Source : 2015/10/19 Musée de la Marine de Loire (s) de Château-neuf sur Loire

En France, depuis le 17ème siècle, trois grands arsenaux équipent, entretiennent et arment la flotte de guerre : Brest et Rochefort sur la façade atlantique (le Ponan) et Toulon sur la Méditerranée (le Levant). Ces arsenaux sont de véritables sites industriels, par leur taille et les nombreux métiers et ateliers qu'ils abritent, faisant vivre des milliers d'ouvriers. Pour approvisionner en matériaux de construction, nécessaires à leurs activités, les arsenaux s'appuient sur leurs arrière-pays. Ceux de Brest et de Rochefort n'étant pas suffisamment riches, les arsenaux du Ponant utilisent notamment le bassin de la Loire et de ses affluents pour se fournir. Les marchandises sont transbordées dans l’entrepôt d'Indret, près de Nantes, avant d'être répartis entre les deux sites.
Les besoins en matières premières


Pour réaliser un vaisseau de 74 canons, « 2900 chênes centenaires pour sa coque, 30 pins pour sa mâture, 2580 m² de voiles en chanvre réparties en 43 pièces différentes, 80 tonnes de cordages, 215 tonnes de fonte sous forme de canons, 30 tonnes de clous » sont nécessaires. A l'échelle d'une flotte, les besoins sont donc considérables.

Le bois
Le bois de construction (pour les coques des navires) est en chêne, qui représente 90 % des bois utilisés. Il provient essentiellement des forêts françaises, dont une partie est réservée à la marine royale, grâce aux ordonnances des Eaux et Forêts (1669). Les régions ligériennes pourvoyeuses en chênes sont l'Anjou, le Saumurois, la Touraine et l'Orléanais. A partir de 1780, l’exploitation forestière s'étend jusqu'à la Nièvre et le Bourbonnais. Le bois de mâture (les mâts sont en pin ou en sapin) est, lui, originaire de Russie. Il est jugé de meilleures qualité que le bois français. Les arsenaux peuvent toutefois recourir au bois d'Auvergne, évacué via l'Allier et la Loire.

Le chanvre
Le chanvre qui permet de confectionner les voiles et les cordages, est également omniprésent sur les navires. Les arsenaux reçoivent le chanvre brut ou sous des formes plus élaborées : fil et voiles. Brut, le chanvre est utilisé dans les corderies et les toileries des arsenaux, comme le chanvre d'Auvergne à Rochefort. Le chanvre des régions ligériennes alimente aussi les manufactures de toiles à voiles d'Angers et de Beaufort qui fournissent les arsenaux. Le chanvre est également acheté à l'étranger, celui d'Europe du Nord étant particulièrement réputé. Or, de la qualité du chanvre dépendent la résistance des voiles et la solidité des cordages.

Les métaux
Bien qu'en bois, les navires comportent aussi de nombreux éléments en métal : de la fonte pour l'artillerie (canons et boulets, voir La route des canons (s)) et le lest, du fer pour les ancres, clous, chevilles et goujons, des fers aplatis pour renforcer les mâts et les tonneaux, du fer blanc pour les ustensiles et du cuivre (à partir de 1778) pour le doublage des carènes … Afin d'obtenir les produits dont elle a besoin, la marine a favorisé la création d'importants complexes industriels : les forges nivernaises de Cosne et de Guériny pour les ancres, les fonderies d'Indret-Rueile et du Creusot (entre la Moire et la Saône) pour les canons. Ces productions nationales ont permis de réduire les importations qui étaient de règle au 17ème siècle.
La constitution des réseaux

Afin de mieux assurer son approvisionnement, l'administration de la marine a constitué sur le territoire un réseau d’entrepôts et de relais de tailles diverses. Cela permet à la marine, via des courriers, de se tenir informée du déroulement du transport et de répondre aux aléas de la navigation fluviale. La qualité des fournitures est en outre étroitement contrôlée. En imposant des normes strictes, la marine a ainsi favorisé l'amélioration des productions françaises.



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