Michel Perrin - Mes maquettes    :    L'Hermione

Annexe

L'Hermione dans son environnement
historique, géographique, opérationnel.


Dans cette page

La Marine Royale, avant d'être la Marine Nationale
Au temps de l'Hermione
      Etat de notre marine en 1765 - 1775
      Un retard à combler : le renouveau de 1776
      Concernant les frégates de 12
De l'importance des Arsenaux
      Les fonctions des Arsenaux
      Les exigences de leur emplacement
      Leurs équipements
      Leur rôle de recruteur des équipages
      Organisation, Contrôles, Droit du travail, Rémunérations
L'arsenal royal de Rochefort, berceau de l'Hermione
      L'arsenal royal de Rochefort a été voulu par Colbert
      Les défenses de l’estuaire de la Charente
      Trois siècles d'histoire
      Le Rochefort de 1776
      Frégates de 12 réalisées à Rochefort (1766-1780)
L'Hermione de 1779
      Sa naissance
      Ses missions, ses campagnes, ses combats
      Sa fin
Cette page est un sous-ensemble du feuillet
« Hermione » du site
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Les sources :
       [MML-CNL] = Musée de la Marine de Loire de Chateau-neuf sur Loire, Exposition Octobre 2015
       [MNM-CB] = Musée National de la Marine, les carnets de bord
       [OF-CM-SO] = Ouest-France/Chasse-Marée/Sud-Ouest
              * Publication hors-série "l'épopée de l'Hermione - Reportage à bord"
       [PV] = Patrick Villiers : Professeur émérite en histoire moderne, historien de la marine de Loire et de la marine Royale.
             * [PV-1] Son livre : «L'HERMIONE - La Fayette, Latouche-Tréville» avec la participation de JC Lemineur
             * [PV-2] Sa conférence du 30/03/2016 «Les mariniers et les missions de la marine royale pendant la guerre
               d'Indépendance américaine 1778-1783»
             * [PV-3] Son livre : «La France sur mer - De Louis XIII à Napoléon 1er»
       [RM] = L'amiral Rémi Monaque, son livre : «Les aventures de Louis-René de Latouche-Tréville, compagnon de La Fayette
              et commandant de l'Hermione dans la guerre d'indépendance américaine»
       [YG-FL] = Yves Gaubert et Francis Latreille : "L'Hermione, une frégate pour la liberté" Gallimard.

La Marine Royale


Avant d'être la Marine «Nationale» ou «Révolutionnaire» à partir de 1789, notre «Marine Royale» a connu des périodes de vitalité diverses :

Avant Richelieu, l'autorité royale se contentait d’armer en guerre des flottes formées de navires civils réquisitionnés.

Richelieu (1585-1642) (w) est le principal ministre de Louis XIII à partir de 1624.
Il décide de doter la France d'une Marine royale permanente.
C’est une naissance difficile car les efforts ne sont pas réguliers.
Cette jeune marine décline après la mort du cardinal avant de renaître sous Colbert.



Colbert (1619-1683) (w) ministre de Louis XIV est contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la Maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683. Pour faire vivre ses escadres, l’autorité royale développe un véritable outil industriel qui va du chantier naval militaire aux fonderies de canons et d’ancres, aux manufactures de voiles, corderies et autres agrès, sans parler de la mise à contribution de presque toutes les forêts du royaume pour fournir le bois de construction.
Une administration de marine se met en place pour gérer les arsenaux, veiller au ravitaillement, enregistrer les matelots, alors que des écoles sont créées pour former les officiers.
Les ports en sont profondément transformés, comme Brest et Toulon, mais aussi Marseille, Le Havre, Dunkerque, Lorient, Cherbourg. Un port-arsenal est même créé de toutes pièces : Rochefort.
Celà suppose d'accroître le nombre de ses unités, de les classer par rang (w), de recruter des équipages (w) en nombre et qualité, et de former les officiers.


Louis XV, (1710-1774) (w) est roi de France et de Navarre en 1715.
Il reprend la politique de paix avec l’Angleterre héritée de la période de la Régence, et n’accorde pas à sa flotte la totalité des crédits que lui demandent régulièrement ses ministres (comme Maurepas, Choiseul ou Bourgeois de Boynes).
Cette politique fait plafonner le nombre de vaisseaux. Elle maintient un déficit en frégates et limite à peu de chose l’entraînement à la mer.





Louis XVI, (1754-1793) (w) est roi de France et de Navarre de 1774 à 1791 puis roi des Français de 1791 à 1792.
Avec son ministre de Sartine, il donnera un nouvel essort à notre marine royale dans le contexte de la guerre d'indépendance américaine.



Pour élargir ce contexte trop rapide,
voir :
«La France sur mer - de Loui XIII à Napoléon 1er» de Patrick Villiers (Pluriel 2017),
et/ou
«L'histoire de la marine française sous Louis XV et Louis XVI» (w)
et/ou
Introduction du cours d'histoire de la marine donné à l'UTLO
«Conjonction de compétences» (A),,

et/ou
«Une histoire de la marine de guerre française» (yt-45mn) ...

Au temps de l'Hermione

L'émergence d'une puissante force de guerre


Les effectifs, le renouvellement, les aléas.
Notre Politique Maritime (A)

Etat de notre marine en 1765 - 1775


1765, [PV-1] p.17
« A la fin de février 1765, Etienne François de Choiseul, ..., secrétaire d'Etat à la marine ... adresse à Louis XV un mémoire prémonitoire : «Il se passera des siècles avant que de pouvoir établir une paix durable avec cet Etat (l'Angleterre)... Il n'y aura que la révolution d'Amérique qui arrivera mais que nous ne verrons vraissemblablement pas. » »
« Choiseul publie alors l'ordonnance de la marine de 1765,... Il inaugure un plan de reconstruction de la marine qui se traduit de 1763 à 1774 par le lancement de 24 vaisseaux, 16 frégates de 12 et 7 frégates de 8 mais, faute de crédits, ces bâtiments ne sont pas entretenus et incapables de prendre immédiatement la mer. »


1775, [PV-1] p.17
« Dans un mémoire de 1775, l'ingénieur Groignard estime qu'un navire de guerre, qu'il soit au port ou en croisière, s'use de 10% par an. Par suite de restrictions budgétaires ... 60% des vaisseaux français ont besoin de 30 à 60% de réparations. »

Un retard à combler : le renouveau de 1776


1776, [PV-1] p.55 « En 1776, dès que Louis XVI accorde à la marine la hausse budgétaire demandée, Sartine (w) concentre ses efforts sur la refonte des vaisseaux et la remise en état des frégates existantes. ...
Il faut combler le retard sur la Royal Navy qui, cette même année 1776, dispose de 24 frégates de 28 canons (24 de 9 et 4 de 6) et de 35 frégates de 32 canons (26 de 12 et 6 de 6). De 1776 à 1783, les Anglais en construiront 34, dont 24 de 12 tandis qu' en
En 1774, les Français disposaient de 37 frégates, dont sept réformées en 1776.
De 1776 à 1783, 46 frégates seront construites en France : 7 en 1777, 13 en 1778, 10 en 1779, 6 en 1780, 2 en 1781 et 8 en 1782. »

1778, [PV-1] p.69
« En janvier 1778 [la France dispose de] 64 vaisseaux, 48 frégates, 15 corvettes, 4 chébecks, une barque et 4 cutters. ... »

Concernant les frégates de 12


Après la guerre de sept ans (1756-1763), à l'issue de laquelle la France perd la quasi totalité de ses possessions en Amérique du Nord et en Inde, un violent débat s'engage sur le rôle des frégates [PV-1] p.17
  • Navires de liaison légers, très manoeuvrants, très rapides ? et/ou
  • Navires de liaison et aussi d'appui entre les unités au combat et navires de protection des convois marchands ou de ravitaillement ?
Voir «La frégate légère» (s) sur le site «Histoire de frégates»

Le plan Choiseul (w) (Choiseul, chef du gouvernement de Louis XIV de 1758 à 1770) choisit de construire des frégates dites de 12, c'est à dire des
frégates portant des canons pour boulets de 12 livres
(26 canons de 12 livres plus 6 ou 8 canons de 6 livres)

1764 à 1780 [PV-1] p.18

Frégates de 12 construites en France de 1779 à 1780
Arsenaux 1764 1765 1766 1767 1768 1769 1770-76 1777 1778 1779 1780 Totaux
Le Havre 2 1 3 6
Toulon 1 1 2 2 2 8
Bordeaux 1 1 1 1 4
Rochefort 1 4 1 4 10
Nantes 3 3
Brest 1 4 1 1 7
Lorient 1 2 2 5
St-Malo 3 6 4 13
Totaux 3 2 10 1 0 1 0 14 10 12 3 56

De l'importance des Arsenaux

  • Les Arsenaux sont l'outil de développement des politiques navales.
  • Toutes les marines modernes sont développées et entretenues dans les arsenaux.
  • L'Hermione est née en 1778 dans l'arsenal de Rochefort, un des fleurons des Arsenaux français (w) ou (yt-6mn).
Avant d'entrer dans un arsenal,
  • Visitons au Musée de la Marine, La construction navale en bois aux XVIIe et XVIIIe siècles (s)
  • Evoquons Duhamel du Monceau (w) (1700-1782) [MML-CNL]
    «Inspecteur de la Marine en 1739, il est le créateur en 1741 de la petite puis grande école de construction éduquant les futurs constructeurs navals.
    En 1748, le legs de sa collection de modèles de navires à Louis XV en fait le fondateur du Musée National de la Marine

Les fonctions des Arsenaux

  • Construire de nouveaux bâtiments de guerre. Trois étapes :
    • la construction primaire sur tins (w) et sur bers (s),
    • le lancement,
    • la fin de la construction à flot : gréement (w), et autres finitions de pont.
  • Stocker les matières premières et les éléments fabriqués,
  • Entretenir et réparer en radoub,
  • Armer les vaisseaux en partence, les vaisseaux au retour,
  • Tous les arsenaux ne sont pas forcément capables d’assurer complètement chacune de ces fonctions : certaines spécialisations peuvent apparaître comme à Rochefort qui joue souvent un rôle d’appui à Brest.

Les exigences de leur emplacement

  • Le port et la rade doivent être abrités des vents et courants,
  • L'arrière pays doit être capable de fournir la main d’œuvre compétente et en nombre suffisant, si possible les ressources en matière première et surtout une facilité de circulation pour acheminer les denrées manquantes localement.
  • Le site choisi doit permettre d’organiser et de construire des défenses contre les attaques ennemies.
  • Il doit permettre de faire converger les trois pôles militaire, technique et administratif.
Tout ceci demande une réflexion antérieure sur le choix du site et l’organisation dans le temps et l’espace. Ce n’est pas toujours possible  compte tenu de la géographie et de l’histoire du lieu. La tentation est forte de construire des arsenaux « ex nihilo ».

Leurs équipements


A la fin du XVIIIème, un arsenal complet doit avoir les équipements suivants :
  • Chantiers de construction et cales de lancement,
  • Ouvrages d’art et machines : formes de radoub, pontons, bigues, grues, machines à mâter, machines à étuver, machines à scier, machines à curer les fonds du port, moulins à vent ou à eau,
  • Ateliers : menuiserie, forges, fonderie, corderie et filerie, voilerie, tonnellerie, sculpture.
  • Entrepôts et parcs : chanvre, goudrons, fosses aux mâts, lingots de fer, objets manufacturés (canons, ancres, …),
  • Entrepôts et parcs : parcs à bois et approvisionnement en bois
  • Les besoins en matériaux :
  • Arsenaux et matériaux (A)
  • Magasins : vivres, matériels, armes, poudres,...,
  • Allèges et bateaux de service,
  • Casernes : équipages, troupes, personnels,
  • Hôpital,
  • Bureaux,
  • Ecoles, La formation des offociers de marine (s)
  • Une Main d'Oeuvre complémentaire à bon marché :
  • Les Bagnes (A)

Leur rôle de recruteur des équipages


Effectifs : [PV-2]
« Selon les années, la marine royale arme en temps de guerre 60 vaisseaux et 40 frégates. A raison de 715 hommes par vaisseau de 74 canons il faut 50.000 hommes pour les seuls vaisseaux de la marine de guerre, il faut ajouter ceux des frégates mais également les équipages de la marine marchande et des corsaires, soit près de 100.000 hommes. Toute guerre sur mer se traduit donc par une crise des équipages. ... »

Recrutement : [PV-1] p.89
« Le recrutement des équipages des navires de guerre français est régi depuis Louis XIV par le système des classes :
Les gens de mer des paroisses maritimes sont immatriculés sur des registres : mousses, novices, puis, à l'âge de dix-huit ans et après leur accord, matelots ou officiers mariniers, jusqu'à être rayés en étant portés sur le registre des invalides ou décédés. »


En période de guerre, l'insuffisance du nombre des marins de métiers disponibles conduit à élargir le recrutement aux mariniers fluviaux :

L'histoire de Louis Picasnon (S)

La vie à bord : de la discipline, des conditions de vie très rudes, des batailles navales...
La vie à bord d'un bâtiment de guerre (A).

Organisation, Contrôles, Droit du travail, Rémunérations

La gestion des arsenaux (A)

L'arsenal royal de Rochefort, berceau de l'Hermione

L'arsenal royal de Rochefort a été voulu par Colbert

Choix du site et de ses composants :
Un port pour le Ponant (A) :

Les défenses de l’estuaire de la Charente



Pour interdire l'accès à cet espace privilégié, il suffit de verrouiller les différentes passes au moyen d'ouvrages fortifiés. La Rochelle ferme déjà l'accès nord entre Ré et le continent. D'autres citadelles surgiront sur les îles de Ré (Saint-Martin), d'Aix (fort de la Rade) ou d'Oléron (Château-d'Oléron). Sur la côte, les défenses de Fouras notamment seront étoffées. On barrera le coulet d'Oléron par le fort Louvois. On établira deux nouveaux ouvrages sur les deux rives de l'estuaire : le fort de la Pointe au nord et le fort Lupin au sud. L'île Madame sera également pourvue de retranchements. Il s'agit là d'un gigantesque réseau de fortifications. Napoléon Ier l'augmentera encore de manière considérable : fort Boyard, fort des Saumonards (Oléron) …

Voir «les défenses de Rochefort» Les fortifications côtières de Vauban - La protection de Rochefort (s).

Une visite de l'embouchure de la Charente est à faire absolument !
(Une bonne journée, avec guide si possible).

Trois siècles d'histoire


[MNM-CB] p.3
« La décision que prend Louis XIV d'implanter un port de guerre à Rochefort bouleverse l'histoire de ce territoire. Pendant près de trois siècles, toute son activité est tournée vers la guerre, dans l'attente d'un ennemi venu de l'océan, dans la préparation d'une attaque contre les autres puissances maritimes, dans la recherche et l'innovation de technologies militaires, dans la mise en place d'une logistique de grande envergure sans cesse à repenser ... »
  • Vernet Rochefort

  • Deux sites Internet :
    Celui de la ville de Rochefort : «Histoire de Rochefort.» (s)
    Celui des Editions des Riches Heures «Arsenal et Corderie Royale de Rochefort, XVII - XIX èmes siècles» (s)
    « Les chantiers navals lanceront ou répareront plusieurs centaines de navires au total. Citons parmi les plus fameux le trois ponts Louis-le-Grand, les frégates l'Hermione (qui emporte La Fayette vers les Amériques en 1780) et La Méduse (elle fera naufrage au large des côtes mauritaniennes et inspirera au peintre Géricault son fameux tableau Le radeau de la Méduse), Le Sphinx (en 1829. Premier vaisseau à vapeur de la marine de guerre française) et Le Plongeur (1863. Premier sous-marin français). Les chantiers n'arrêteront leur activité qu'en 1926.»

Le Rochefort de 1776










Les menaces sur Rochefort et le renouveau (A)


Rochefort opérationnel : [PV-1] p.63
«Lorsque débute la construction de l'Hermione, en décembre 1778, l'arsenal est totalement opérationnel. Depuis 1776, les commandes des bois de toute nature nécessaires à la construction des vaisseaux et des frégates on été passées, les bois ont été débités en forêt et livrés à l'arsenal où ils ont été soigneusement mis à sécher sous les hangars; cependant, en conséquence du rythme des constructions, c'est du bois de moins en moins sec qui va être employé ...
En 1779, Rochefort posséde trois formes de radoub (w), deux cales de vaisseau et trois cales de frégate. »
[PV-1] p.63
Blaise Ollivier nous dit : « Il faut environ 16 à 18.000 pieds cubes de bois pour la construction des frégates de 26 à 30 canons ; on les trouve dans la coupe de 1.300 à 1.400 chênes. »
A cela il faut ajouter les résineux pour la construction des mâts, les bois spéciaux pour les poulies, les affûts, l'ameublement intérieur, ... et près de 35 tonnes de fer pour les clous et chevillages divers, sans compter les canons et le lest, sans compter les voiles en chanvre (environ 2.200 mètres carrés) et le gréément en chanvre.
« ... On estime qu'en 1778 le prix d'une frégate de 12 se monte à environ 390.000 livres tournois, celui d'un vaisseau de 64 à 760.000 livres et celui d'un vaisseau de 74, à 960.000 livres. »

(Une livre (w) de 1786 vaut 11,5 EUR de 2007).

Exploitation intensive de nos forêts
Extraits de la conférence donnée par
Jean-Marie Ballu, ingénieur honoraire des ponts, des eaux et forêts,
le 2 novembre 2015 et organisée par l'AAMM au Musée de la Marine.









Frégates de 12 réalisées à Rochefort entre 1766 et 1780


A côté de bien d'autres types de navires, Rochefort a construit 9 frégates de 12 entre 1766 et 1780 :

Frégates de 12 construites à Rochefort de 1779 à 1780 (rappel)
Arsenaux 1764 1765 1766 1767 1768 1769 1770-76 1777 1778 1779 1780 Totaux
Rochefort 1 4 1 4 10
  • L'Aurore 1766 (s) (monographie),
  • la Charmante 1777,
  • la Concorde 1777 (w) (dont les plans ont été utilisés pour la réplique de l'Hermione),
  • la Junon 1777 (w),
  • la Courageuse 1778 (w),
  • la Céres 1779,
  • la Fée 1779 (s),
  • l'Hermione 1779,
  • la Galatthée 1779 (w),

L'Hermione de 1779


L'Hermione, de sa naissance à sa mort : la vie mouvementée d'une fégate royale (w).

Sa naissance [1779]

  • Lieu : l'arsenal de Rochefort,
  • Date : 1779
  • Ingénieur : Chevillard aîné,
  • Genre : Une frégate de 12, longueur 136p, largeur 34,6p, creux 17,8p.
Mise en chantier en décembre 1778, sa construction ne dure que onze mois dont six seulement sur la terre ferme. C'est dire que l'arsenal est totalement opérationnel et approvisionné.

Ses missions, ses campagnes, ses combats. [1779-1793]


L'annexe
«Louis-René Latouche-Tréville» (A)
se propose de retracer la campagne de l'Hermione sur les côtes américaines
lors de la guerre d'indépendance américaine

et
l'annexe
«Chevalier du Pérou» (A)
celles de l'Hermione en Atlantique sud et dans l'océan Indien.


Sources :
l'Amiral Rémi Monaque [RM]
«Les aventures de Louis-René de Latouche-Tréville
Compagnon de La Fayette et commandant de l'Hermione
dans la guerre d'indépendance américaine»

Patrick Villier [PV-1]
«l'HERMIONE, La Fayette, Latouche-Tréville, deux hommes, une frégate au service de l'indépendance américaine»

Sa fin [1793]


L'Hermione fait naufrage le 20 Septembre 1793 sur le plateau rocheux du Four (entre Saint Nazaire et Belle Isle, plus exactement entre le Croisic et les Cardinaux (Hoedic)).

Sous commandement de P Martin, l'Hermione est chargée par la Convention d'escorter à Brest un convoi de vivres et d'artillerie. Nous sommes en pleine guerre de Vendée. Louis XVI a été guillotiné le 21 janvier, de nombreux officiers et matelots ont démissionné, ont émigré ou sont morts. Difficile de constituer des équipages aguéris et de trouver un pilote compétent dans ces conditions. L'hermione passe trop près du plateau, elle s'échoue. Sa coque a été fragilisée par la couverture de cuivre qui, par effet d'électrolyse, a attaqué et fragilisé les clous des virures. Une voie d'eau se forme. On s'allège autant que possible, ancre, canons ... sont jetés par dessus bord, mais il est trop tard d'autant que la marée descend. Les restes de l'Hermione seront retrouvés en 1984 par l'archéologue de marine M Vazquez (s).

On lira avec intérêt ([PV-1] p.198) le récit du commandant de l'Hermione Pierre Martin dans lequel il met violemment en cause le citoyen Guillaume, pilote côtier :
«Relation du naufrage de l'Hermione le 20 septembre 1793 par Pierre Martin son commandant
le jour même du naufrage, à l'adresse du Citoyen Dalbarade ministre de la Marine en poste.

      "Aujourd'hui 20 septembre 1793, l'An 2 de la République Française Une et Indivisible, la Frégate l'Hermione, commandée par le Citoyen Martin, Capitaine de vaisseau, est appareillée de Mindin, dans la rivière de Nantes, pour se rendre à Brest ..." »




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