Michel Perrin - Mes maquettes    :    L'Hermione

Annexe

La gestion des arsenaux.

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La sécurité :
l'organisation et les contrôles
Le droit du travail
Les rémunérations et le coût du travail
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En France, 1683, création d’une Compagnie des Gardes de Marine dans chacun des trois arsenaux majeurs.
La sécurité :
Comprenant des denrées onéreuses et dangereuses, l’arsenal est un espace fermé et gardé. La surveillance aux portes est d’autant plus importante que dans leur majorité les ouvriers ne sont pas logés à l’arsenal.
l'organisation et les contrôles
Une planification rigoureuse est indispensable : respect des horaires et délais impartis, répartition du travail selon des normes précises, surveillance du travail et de la qualité de l’exécution, approvisionnements, séchage des bois, stockages de produits manufacturés, menées de travaux préparatoires en parallèle, etc...
Au moins pour les maîtres entretenus (charpentiers, perceurs, calfats, gréeurs, cordier, etc…) la qualification est essentielle.
En période de conflit, les arsenaux doivent être capables de construire plusieurs bâtiments à la fois. Par exemple, de 1666 à 1667 le chantier Jean de Werf à Amsterdam construit pour la France, 5 vaisseaux de 64 canons. Cela demande une main d’œuvre nombreuse. A son apogée, Toulon emploie 4000 ouvriers et 2500 forçats, mais en période de conflit un arsenal peut rassembler jusqu’à 8000 ouvriers (AM1 p128).
Les responsables de l’arsenal doivent coordonner les interventions de cette foule comprenant aussi bien des portefaix que des ouvriers hautement spécialisés, exercer une surveillance continue de tout et de tous contre les risques d’incendie, de vol, d’accident. Par exemple, en France et en Angleterre, les ouvriers bénéficient du « droit de copeaux » : ils peuvent emporter les déchets de bois en dessous d’une certaine dimension. D’où une surveillance pointilleuses des contre maîtres et une tendance ouvrière à maximiser les coupes.
Le droit du travail
Par ailleurs les ouvriers sont attentifs au respect de leurs droits : heures de travail, congés,… Des grèves ont lieu.
Dans un souci d’efficacité et de rapidité plus qu’humanitaire, les travaux les plus pénibles seront progressivement assurés par des machines. Mais ce développement des machines sera freiné par les sources d’énergie disponibles. Il faudra attendre le premier quart du XIXème siècle pour que la vapeur prenne une place notable. Ces mêmes responsables se méfient par ailleurs des mouvements de la multitude engagée sur les chantiers. Les effectifs sont en réalité très variables. On embauche dans les périodes de conflit, on débauche dans les temps de paix. Les familles d’ouvriers connaissent donc des périodes de misère. Les arsenaux royaux étant en concurrence de main d’œuvre avec les chantiers privés, en particulier en Angleterre, les périodes de paix coïncident avec des pertes de compétence difficiles à retrouver. Des tentatives de mesures de contrainte sont faites mais restent peu efficaces.
Les rémunérations et le coût du travail
En France, les ouvriers sont payés selon deux formules possibles :
1) Travail « à la journée du roi ».
La rémunération se fait au temps passé, pour un travail précis, sans condition limitative de temps. Les ouvriers sont surveillés par les maîtres entretenus et les divers responsables de l’arsenal pour contrer la tentation de prolonger artificiellement le temps de l’exécution. Cette méthode est réputée onéreuse mais procure une fabrication de qualité.
2) Travail à l’entreprise.
La tâche est effectuée pour un prix déterminé et sous condition d’une date de livraison. La méthode est moins onéreuse mais donne une qualité moindre : pour respecter les délais tout en faisant des bénéfices, les entrepreneurs ont tendance à bâcler la réalisation, utiliser des matériaux de moindre qualité ou employer des ouvriers moins qualifiés, donc moins rémunérés. Pour maîtriser les coûts les arsenaux du XVIIIème siècle vont privilégier cette formule en augmentant la surveillance pour tenter de maintenir une qualité suffisante.
Malgré tout, certains travaux jugés essentiels comme le perçage, le calfatage, la confection de la mâture, les cordages, l’entretien sont confiés aux ouvriers les plus compétents et restent « à la journée du roi ».



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