Michel Perrin - Mes maquettes    :    L'Hermione

Annexe

Louis-René de Latouche-Treville
Sa campagne américaine aux commandes de l'Hermione

Dans cette page

Avant l'Amérique               
     La Jeunesse de Louis-René de Latouche-Tréville
     La guerre gronde
     Latouche-Tréville, Capitaine du Rossignol
     L'Hermione "Une très belle frégate"
     Campagnes dans le golfe de Gascogne
     Contexte historique de la campagne américaine de l'Hermione
Vers l'Amérique avec La Fayette
     A boston : représentations, mondanités et remise en condition
     Un combat singulier qui fait du bruit
     L'arrivée des forces françaises
     Une Frégate bonne à tout faire
     Un combat d'escadre, le 16 mars 1781
     l'Hermione, estafette de l'escadre, mars-mai 1781
     Raid avec Lapérouse - Combat de l'île royale, 21 juillet 1781
     Sous Grasse : le blocus de la Chesapeake, sep-nov 1781
Fin de la campagne américaine
     Bilan de la campagne américaine de l'Hermione
     Transition
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Sources : Les livres de
l'Amiral Rémi Monaque [RM]
«Les aventures de Louis-René de Latouche-Tréville,
Compagnon de La Fayette et commandant de l'Hermione dans la guerre d'indépendance américaine.»

Patrick Villiers [PV]
«l'Hermione, La Fayette, Latouche-Tréville,
deux hommes, une frégate au service de l'indépendance américaine»

Avant l'Amérique

La Jeunesse de Louis-René de Latouche-Tréville (W), futur commandant de l'Hermione

[1745] [RM] p.9 - Sa Naissance : Rochefort, Juin 1745,
Son père : Officier de la marine royale,
Sa mère : meurt six jours après sa naissance,
Sa famille : originaire de la martinique, de l'Aunis et de la Saintonge : des planteurs, armateurs, flibustiers, marins ou soldats du roi...
Il sera particulièrement suivi et soutenu par son oncle Charles-Augustin de Latouche.

[1757] [RM] p.9-10 - A 12 ans, il entre dans la compagnie des gardes maritimes de Rochefort.
En pleine guerre de sept ans, il embarque sur le Dragon (64 canons).
Sous les ordres de son oncle Charles-Augustin, il participe pendant trois ans à la défense de Rochefort - baptême du feu -.
Après la guerre, il participe à plusieurs campagnes en Méditerranée et aux Antilles.

[1762] [RM] p.10 - Relative disgrace à la suite de la capitilation de son père en 1762 à la Martinique.
Il met pied à terre et obtient le brevet de Capitaine de dragon. Il sert pendant deux ans à la Martinique en qualité d'aide de camp du gouverneur.

[1771] [RM] p.10 - Latouche père est réabilité et nommé chef d'escadre.
Louis-René est réintégré dans la marine sous le grade de capitaine de brûlot (w).
La guerre gronde

[1775] [PV] p.73 et suivantes -
« A partir de juin 1755, en pleine paix, sur ordre de l'Amirauté, l'amiral Boscawen attaqua à travers l'Atlantique le commerce colonial français, la pêche à la morue à Terre-Neuve et le cabotage.»
«Le 26 Juin 1755, Boscawen se confie auprès de sa femme en ces termes : " Commencer ainsi la guerre entre deux nations sans ordre absolu, ni déclaration, me donne parfois fort à réfléchir ... " »

Bien qu'en paix, un climat de tension règne entre la France et l'Angleterre : dès 1775, des vaisseaux Anglais capturent des flottes de pêches françaises sur Terre-Neuve (6.000 matelots français seront gardés captifs sur les "pontons" anglais pendant toute la guerre à venir).
Trois ans plus tard, la France, qui se souvient de la guerre de sept ans (w) et du malheureux traité de Paris de 1763 (w) qui la prive de ses possessions d'Amérique du Nord et de l'Inde, entrera en guerre (Guerre franco-anglaise (1778-1783) (w)) contre l'Angleterre aux côtés des Insurgents (w). Ce sera la Guerre d'indépendance américaine.

[1776] [RM] p.11 - Louis-René reçoit le commandement d'une flûte (w) qu'il conduit aux Antilles.
Latouche-Tréville, Capitaine du Rossignol

[1778] [RM] p.11 - La guerre d'Indépendance des Etats-Unis éclate (w).
Louis-René est lieutenant de vaisseau et reçoit le commandement du Rossignol, une «jolie corvette» (w) construite à Rochefort en 1769. (C'est un «petit navire qui peut armer par temps calme six avirons de galère de chaque bord et se déplacer ainsi sans avoir recours à ses embarcations. Son armement consiste en 18 canons et 14 pierriers d'une livre. L'équipage compte 110 hommes puis 120 en novembre 1778»).

Sartine décide de réagir à ce climat de tension et ordonne à Louis-René d'organiser le "système des convois" déstiné à protéger nos flotes marchandes et de pêche. Pendant neuf mois, il assurera sa mission avec succés et montrera des qualités certaines de navigateur et de pilote côtier.

[1779] En 1779, (début d'année) Sartine lui confie la surveillance de la construction de l'Hermione avant d'en prendre le commandement.
L'Hermione "Une très belle frégate"

[RM] p.22-23 « L'Hermione, construite à Rochefort par les frères Chevillard, est par ses caractéristiques très représentative des frégates qui se sont illustrées pendant la guerre d'indépendance. Une monographie de Jean Boudriot et Hubert Berti, consacrée aux frégates de 12, permet de se faire une idée précise du navire que Latouche va commander pendant trois ans.
C'est un bateau de 44 mètres de long et de 11 de large. Sa coque, peu élevée sur l'eau, a des lignes très pures. Elle marche très bien, sa vitesse peut atteindre 9 noeuds au plus près, 13 au largue et 11 au vent arrière. Latouche affirmera même au ministre avoir filé 15 noeuds, «vitesse dont il y a peu d'exemples», dans un coup de vent. Elle évolue avec aisance et gouverne bien.
Son armement consiste en 26 pièces de 12 dans la batterie, 8 pièces de 6 sur les gaillards et 8 pierriers d'une livre.
Visitons l'intérieur. Au niveau inférieur, la cale contient de l'avant à l'arrière, la soute du maître de manoeuvre, des caissons à gargousses pour l'artillerie de l'avant, la fosse aux câbles, les cales à eau et à vin, la soute aux poudres surmontée de soutes à vivres. L'espace compris entre le faux-pont et le pont est consacré pour l'essetiel aux logements. On y trouve à l'avant diverses soutes et des coffres pour des matériels et des rechanges, puis une zone réservée à l'équipage où peut être établi un parc à moutons. Vient ensuite la fausse sainte-barbe réservée au logement de l'état-major et, tout à l'arrière, la sainte-barbe où logent, avec le maître canonnier, les principaux officiers-mariniers ainsi que le chirurgien et l'aumonier.
Sur le pont principal et occupant toute la surface se trouve la batterie. Elle est couverte à ses extrémités par les gaillards, réunis sur les deux bords par des passe-avant qui laissent à l'air libre un grand rectangle où reposent, emboitées les unes dans les autres, trois embarcations du bord : chaloupe, grand et petit canot. sur l'arrière du mât de misaine se trouvent les cuisines. Entre le grand mât et le mât d'artimont est installé le grand cabestan dont les 12 barres sont actionnées par 60 hommes. La partie arrière de la batterie, séparée du reste du local par une cloison mobile, constitue la grande chambre qui sert de carré pour les officiers et le cas échéant de salle de conseil. A l'extrémité arrière, à babord et à tribord, les bouteilles constituent les lieux de commodités réservés à l'état-major. Sur le gaillard d'avant prend place, à l'arrière du mât de missaine, le petit cabestan équipé de six barres. le gaillard d'arrière porte sans doute une dunette où loge le capitaine. ... La dunette abrite, outre la chambre du capitaine, une autre pièce utilisée comme chambre du conseil ... »


Son équipage

[PV] p.105 - Son équipage varie assez peu d'un voyage à l'autre :
       - 44 officiers de marine.
               Sont comptés parmi les officiers, les 1er et 2ème maîtres, contremaîtres, patrons de chaloupe et de canot, ...
               les maîtres charpentier, calfat, voilure ...
       - 12 gabiers (w)
       - 9 timoniers (w)
       - 131 matelots
       - 35 soldats y compris les bas officiers
       - 71 surnuméraires : secrétaire, chirurgiens, boulanger, armurier, ...
       - Soit 302 hommes.

[1779] [RM] p.24 - Constitution exacte de l'équipage donnée dans le premier journal du commandement de Louis-René Latouche-Tréville pour la période de 14 mai au 31 décembre 1779 :    «Un personnel de qualité»

Personnel non officier de l'Hermione
Officiers mariniers
      Généralistes
         1 M, 2 SM, 2 CM, 1 bossement, 1 patron de chaloupe
         1 patron de canot, 6 QM
      Spécialistes
          Pilotes : 1 M, 1 SM, 2 Aides
          Canonniers : 1 M, 1 SM, 15 Aides
          Charpentiers : 1 M, 1 SM, 1 Aide
          Calfats : 1 M, 1 SM, 1 Aide
          Voiliers : 1 M, 1 SM, 1 Aide
          Pilotes : 1 M, 1 SM, 2 Aides
      Total officiers mariniers : 44
Total officiers mariniers : 44
Matelots et soldats
          6 gabiers, 8 timoniers, 95 matelots, 22 garde-côte,
          24 novices volontaires, 35 soldats
Total hommes du rang : 190
Surnuméraires
          1 secrétaire, 1 pilote côtier, 3 chirurgiens,
          4 gens de munitionnaire, 1 boulanger, 1 boucher
          1 armurier, 36 mousses, 10 domestiques
Total surnuméraires : 190
Total général 292 hommes
Campagnes dans le golfe de Gascogne

[1779] [PV] p.83 et suivantes - Le 14 mai 1779, la première sortie conciste à escorter des vaisseaux de Rochefort à Belle-Ile mais surtout de tester la tenue de la Frégate :
« C'est de cette occasion où j'ai (Louis René) celle de connaître pour la première fois la supériorité de la frégate, j'ai filé à neuf noeuds, ... »
Puis nombreuses missions entre les côtes de Bretagne et d'Espagne : escortes de navires marchands et plusieurs captures de corsaires anglais.
[RM] p.25 à 33 - Le 18 mai 1779, Latouche appareille et entame la descente de la Charente ...
«Louis-René s'émerveille devant les qualités de son nouveau bateau...»
«Commence alors pour Latouche et sa frégate une activité qui rappelle celle qu'il a connue à bord de son Rossignol : Les missions d'escorte de convois ... »
«Dès sa première sortie, l'Hermione remporte un succés important avec les prises les 29 et 30 mai à 120 milles dans le nord du cap Ortégal (Galice) de deux grands corsaires fortement armés ... »
Suivent de nombreuses missions d'escorte ou de surveillance dans le golfe de Gascogne et jusqu'en Bretagne, autant d'occasions pour des prises de bâtiments ennemis.
Les prises de l'Hermione, mai à décembre 1779
Date Lieu prise Qualité Armement ou chargement Equipage
29/05/79 Cap Ortégal Défiance Corsaire 18 canons, 6 pierriers, 4 obusiers 70
30/05/79 idem Lady's Résolution
of London
Corsaire 18 canons, 12 pierriers 119
28/08/79 Cap Finistère Hawck (brick) Corsaire 14 canons,16 pierriers, 4 obusiers 61
06/10/79 Ouessant Anna (brick) Navire
commerce
Sucre, rhum et bois de campêche
à la Jamaïque
11
21/10/79 Ouessant Marie (sloop) Navire
commerce
Fruits secs, vin de Malaga,
vient de Lisbonne
4
22/10/79 idem Pélican (brick) Navire
commerce
Sel du Portugal à
Terre-Neuve
6

«Ces résultats ont été obtenus au prix de pertes relativement légères. Deux matelots sont tombés à la mer, un troisième est mort de fièvre maligne.»

De retour à Rochefort, l'Hermione reçoit un doublage en cuivre.

Le doublage de cuivre
[RM] p.33 et 34 - «Le doublage de cuivre prend plus de temps que prévu ... L'opération est enfin terminée le 28 décembre 1779.»
«Après la Gentilles et l'Amazone, doublées en 1778, l'Hermione est une des premières frégates françaises à bénéficier d'une inovation capitale expérimentée en 1761 pour l'Angleterre et en 1778 pour la France. »
«Mille cent feuilles ont été utilisées. La coque a été chauffée. Les coutures ont été soigneusement calfatées, puis mastiquées, ainsi que la tête des clous et des chevilles avec du mastic de vitrier. Après quoi on a passé un brai très chaud sur lequel on a appliqué immédiatement une feuille de papier que l'on a enduite d'un léger goudron. Les feuilles de cuivre ont alors été posées. »

L'armement
«Six mois de vivres et la frégate retrouve à quelques détails, le même équipage ... au total 302 personnes sont maintenant à bord.

A Rochefort, on sait qu'une mission particulière va être confiée au bâtiment, mais Latouche, en attendant qu'une décision officielle intervienne, obtient l'autorisation de faire une courte sortie dans le golfe de Gascogne. »
Contexte historique de la campagne américaine de l'Hermione

Cette campagne américaine se situe dans la suite du conflit qui opposa la France et l'Angleterre à propos des colonies du Nord de l'Amérique.

Louis XVI est partagé entre son désir de prendre sa revanche et celui de rester sourd à l'appel d'une possible future république.
Peut-être se souvient-il de
l'histoire de la Nouvelle France et du Quebec ? (A)
(Vidéos)

Secrètement puis ouvertement il prendra le parti des Insurgents ... (yt-21mn)

Voir un résumé de
l'engagement français (A)
de 1778 à 1783 aux côtés des «indépendants» américains :

Vers l'Amérique avec La Fayette

Préparer le voyage vers l'Amérique
[1780] [PV] p.125 Louis René de Latouche-Tréville reçoit sa nouvelle mission :
       1/ Effectuer de nouveaux essais,
       2/ Entraîner l'équipage,
       3/ Patrouiller dans le golfe de gascogne,
       4/ Rentrer le 20 février au plus tard. Une nouvelle mission l'attend...
[RM] p.35 «L'Hermione appareille de l'avant-garde le 24 janvier 1780, et, après une laborieuse descente de la Charente qui dure plus de trois jours, frabchit le pertuis Breton le 31 janvier...
Survient une forte risée qui brise le petit mât de hune au ras du chouquet... et oblige à réparer.
Une consolation cependant : Louis René «[le doublage en cuivre] a infiniment ajouté aux qualités de la frégate. Sa vitesse en est accélérée d'un cinquième et elle porte beaucoup mieux la voile qu'elle ne le faisait dans la précédente campagne. On peut la regarder comme une des meilleures frégates que le roi ait. » »

La mission de Latouche-Trevillle : Conduire La Fayette en Amérique
[RM] p.35 «La mission spéciale que le ministère réserve à l'Hermione est maintrenant connue. Il s'agit de transporter La Fayette et sa suite en Amérique. » «
Parti pour l'Amérique en avril 1777 à bord d'un navire armé à ses frais et contre l'avis de Louis XVI, La Fayette en est revenu en héro au mois de février 1779... Il vient de recevoir de la cour la mission de joindre le général Washington et de le prévenir de l'envoi par la France au printemps d'un secours de six vaisseaux de ligne et d'environ 5000 hommes de troupes réglées d'infanterie.»
«Latouche reçoit pour consigne de le conduire au plus vite à Boston en évitant les risques d'une rencontre avec l'ennemi ... »
[RM] p.36 «Il faudra qu'à bord de l'Hermione M. de La Touche rende à M. de La Fayette tous les honneurs dont jouissent tous les officiers de ce grade ... »
Le 10 mars 1780, Louis-René de Latouche-Tréville reçoit à son bord Monsieur le Marquis de La Fayette .
[PV] «A 10 h du matin, s'est rendu à mon bord M. le Marquis de La Fayette, (w) colonel du régiment du Roi-Dragons et général-major au service des Etats-Unis de l'Amérique, accompagné de ... »
[RM] p.38 Dans la nuit du 13 au 14 mars, Latouche prend le chemin du large ... avarie ...
La Fayette écrit à sa femme : «Notre fégate étonne par sa bonté et par sa marche. M. de Latouche vient encore d'ordonner qu'on évitât toutes les voiles qui se rencontreraient, et nous irons droit au premier port américain. On me comble ici d'honnêtetés et, comme les premières secousses du mal de mer sont passées, j'ai de grandes espérances pour cette seconde sortie.»
Le 20 mars 1780, l'Hermione premait la mer pour une traversée de 28 jours.
A boston : représentations, mondanités et remise en condition

[RM] p.38 et 39 «La Fayette et les nouvelles qu'il apporte sont accueillis dans l'enthousiasme. L'engagement de la France aux côtés des Américains prend, avec l'annonce de l'envoi d'un corps expéditionnaire, une ampleur nouvelle.»
«Latouche, pendant quelques semaines, jusqu'à l'arrivée de l'escadre annoncé par La Fayette, est le plus haut représentant de la marine française aux Etats-Unis. Prenant ce rôle très à coeur et conseillé par La Fayette, il estime devoir rendre avec éclat les "honnêtetés" faites aux Français ... »
[RM] p.40 «Le 2 Mai, La Fayette a quitté Boston pour se rendre au quartier général du général Washington, dans le Jersey.»
«Dès le 2 mai, son navire réparé et son équipage reposé, Latouche propose au conseil de l'Etat du Massachusetts de sortir dans la baie de Boston avec sa frégate pour "éloigner, prendre ou combattre les corsaires ou frégates anglaises qui pourraient s'y présenter pour inquiéter le commerce.» En réponse : « The concil of this state have taken their considération for the protection of our commerce,and are of opignon that it will promote le public service if his most christian majesty's frigate Hermione might proceed upon cruise along le sea coasts of this state from Boston bay to Penobscot bay, as soon it may et convenient for you and for such a long of time as you may juge proper.»
Un combat singulier qui fait du bruit

[RM] p.41 à 48 Le 28 mai, Latouche reçoit ... des ordres qui «prescrivent à l'Hermione de rallier l'entrée de la Delaware pour le 26 juin et lui laissent liberté de manoeuvre jusque là. Louis-René décide de sa propre initiative d'établir une croisière de quelques semaines aux abords de New York pour "intercepter des bâtments chargés d'avis pour cette place, venant d'Europe ou de la Caroline du Sud". On peut noter que la préoccupation première du commandant de l'Heremione n'est pas de s'en prendre au commerce de l'adversaire, mais qu'il se donne une mission plus haute : "la connaissance des intentions de l'ennemi".
Les prises de navires marchands n'en seront pas pour autan dédaignées.
  -  «Le 2 juin, c'est un brigantin de 100 tonneaux ... (beuure, chandelles, savon) ... qui tombe en possession de la frégate».
  -  «Le 6, c'est un bateau venant des Bermudes (570 boisseaux de sel) ... »
  -  «Mais le 7 juin 1780 va voir, avec le premier grand combat soutenu pa Latouche, une toute autre aventure ...
«Le combat de l'Hermione et de l'Iris (S) eut un grand retentissement en Amérique et en Europe et Nelson, 24 ans plus tard, s'en souvenat encore.»
[RM] p.45 «Dans un compte-rendu très détaillé, Latouche fait le compte précis des dommages et avaries subis par sa frégate. Quatre coups ont pércé le navire à la flottaison, quatre boulets ont pénétré dans la batterie, un boulet s'est encastré dans le grand mât, un autre dans la grand vergue ..; »
«L'Hermione a tiré 259 coups de canons, 140 coups de pierriers et 1280 coups de fusils ou d'espingoles. Le combat ayant duré 90 minutes, le temps de rechargement d'une pièce est un peu supérieur à 5 minutes. Cette cadence, soutenue au cours d'un combat très vif où l'on subit des pertes importantes, semble des plus honorables.»
[RM] p.47 «Le 10 juin les blessés sont débarqués pour être soignés dans l'île de Goat Island et les réparations de la coque et du gréement sont entreprises. Dès le 15 juin, l'Hermione reprend la mer. Latouche tient à montrer que son bateau a moins souffert que l'Iris ... »
L'arrivée des forces françaises

[RM] p.48 «Latouche vit ses dernières journées de plus haut représentant de la marine française aux Etat-Unis. Le 11 juillet, la flotte française annoncée par La Fayette se présente devant Newport. ... L'Amazone, commandée par le capitaine de vaisseau Lapérouse et où a pris place le comte de Rochambeau commandant des forces terrestres, entre la première. Puis se présentent 36 transports chargés de troupes. L'escadre de sept vaisseaux et trois frégates du chevalier Ternay, chef d'escadre, dont le pavillon flotte sur le Duc de Bourgogne de 80 canons, ferme la marche...
Louis-René salue Trenay de trois "Vive le Roi" et se range à ses ordres. »
Une Frégate bonne à tout faire
[1780-1781]
[RM] p.48 à 54 Du 11 juillet 1780 au 8 mars 1781, sous les ordres de Ternay (qui meurt le 15 décembre) puis de Destouche, l'activité de l'Hermione se résume à quelques escarmouches avec les forces anglaises lors de sorties de surveillances des côtes américaines, entrecoupées de phases d'entretien et de réparations.
Pour Louis-René, les périodes à terre sont apparemment des plus agréables. ...
Un combat d'escadre, le 16 mars 1781

[1781][RM] p.54 à 59 «Latouche, qui ne participera à aucune des très grandes batailles navales de la guerre d'indépendance, va connaître en ce jour une expérience unique dans sa carrière, celle d'un combat d'escadre entre la flotte française de Newport et celle de l'amiral Arbuthnot. ... »
«Elle [la ligne française] comporte huit navires : le Duc de Bourgogne de 80 canons, trois vaisseaux de 74 (Neptune, Conquérant, Eveillé), trois de 64 (Jason, Provence, Ardent), et le petit Romulus de 44. Deux frégates et une flute porteuse de troupes et d'artillerie complètent l'escadre.
La ligne anglaise est composée, elle aussi, de huit unités : le London de 100 canons, trois vaisseaux de 74, trois de 64 et un de 50. Elle est accompagnée d'une grosse frégate de la force du Romulus et de deux frégates de 36 canons.
La flotte française est donc inférieure à sa rivale en nombre des bouches à feu. Mais la supériorité anglaise réside surtout dans la marche homogène et rapide des navires tous doublés en cuivre ...»
«C'est l'Hermione, chargée de l'éclairage de l'escadre française, qui signale la première la voile ennemie ... »
Suit la description de la bataille, elle montre la compétence de son chef d'escadre Charles Sochet des Touches (ou Destouches) (W).
«Au total les pertes françaises sont relativement limitées ... 72 tués, ... 112 blessés ;;; Deux vaisseaux français, l'Ardent et le Conquérant ont beaucoup souufert ... »
«Arbuthnot et Destouches pouvaient tous les deux s'estimer vainqueurs. L'Anglais parce qu'il avait interdit à son adversaire de remplir sa mission. Le Français pour avoir tenu tête à une force supérieure et lui avoir infligé des pertes sérieuses ... »
«Destouches a contribué à "établir la réputation des armes françaises aux yeux du peuple de l'Amérique, longtemps abusé par les relations mensongères des Anglais". »
l'Hermione, estafette de l'escadre, mars-mai 1781

[RM] p.59 à 63 «Depuis le 17 mars, l'escadre de destouche fait route vers Newport. L'Hermione a repris son rôle d'éclareur. ...
«Le 19 mars, Latouche s'empare de l'Union, un navire anglais de 210 tonneaux chargé de mélasse ...
«Destouche souhaite faire connaître au plus vite au Congrés américain et à l'ambassadeur de France les circonstances et les conséquences du combat qu'il a tenu ... «Il détache donc l'Hermione qui met le cap au nord-ouest ... pour se rendre à Philadelphie. Trois jours plus tard l'Hermione mouille à Cester en aval de la capitale de la Pensilvanie. Louis-René se rend aussitôt à Philadelphie pour remettre les dépêches dont il est chargé à La Luzerne, notre ministre plénipotentiaire ...
De retour à Newport, «Le 17 avril l'Hermione reçoit l'ordre de se rendre de nouveau à Philadelphie ... pour une mission de représentation ... Des réceptions ... sont organisées à bord de l'Hermione. Le 4 mai, un dîner de cent couverts réunit tous les membres du Congrés ainsi que le conseil de l'Etat de Pensylvanie ... La frégate est pavoisée ...
« Quelques jours plus tard, le 9 mai, Latouche donne une fête "aux dames les plus notables de la ville". ... Ces dépenses excessives ont été engagées avec l'accord et les encouragements de La Luzerne ; elles ont permi de faire "regarder comme mesquines toutes les réceptions que les Anglais avient données lorsqu'ils étaient possesseurs de cette métropole du continent".
«A newport c'est maintenant le chef d'escadre Barras, arrivé de France le 10 mai, ... qui assure le commandement de la flotte.
Raid avec Lapérouse dans le golfe du Saint-Laurent - Combat de l'île royale, 21 juillet 1781

[RM] p.63 à 72 «Le 10 [juin 1781], l'Hermione mouille à côté de l'Astrée, à proximité du fanal qui marque l'entrée de Boston, et se range sous les ordres de Lapérouse qui commande maintenant une frégate de 40 canons.»
«Les deux frégates ont reçu pour mission de pénétrer dans le golfe du Saint-Laurent pour y attaquer le commerce britanique et d'être de retour à Boston pour le 20 août.»
«Elles vont former une division rapide, supérieurement entraînée et commandée, capable de s'aventurer dans des eaux dangereuses et hostiles.»
«Elles sont le 30 juin dans les parages de l'île de Sable et reconnaissent Saint-Pierre et Miquelon le 7 juillet. ... Prise du Thorn, corvette de 18 canon de 6 ... et poursuite de la frégate Hind de 26. »
«Les 17, 18 et 19 juillet, les deux frégates s'emparent chaque jour d'un navire de commerce ... »
«Dans la matinée du 21 juillet, les deux frégates françaises patrouillent à six lieues dans le sud-est de la pointe nord de l'île Royale. A 10 heures ils [les veilleurs] ils peuvent signaler une flotte de 18 à 20 navires. »
Cinq frégates anglaises font face tandis que le reste du convoi se dérobe et parvient à se mettre à l'abri dans la baie des Espagnols.
«Il est six heures et demie du soir lorsque l'Astrée, suivie de très près par l'Hermione commence à élonger la force anglaise et ouvre le feu. Combat de deux fortes frégates contre cinq petites : l'Allegiance et le Vernon de 24 canons de 9, le Charleston de 28 canons de 9 et de 6, Vulture de 20 canons de 9 et Jack de 14 canons de 9. Le Tompson de 18 canons de 9 se tient à l'écart. »
La bataille s'engage. ... «Le Jack amène son pavillon ; peu après, le Charleston en fait autant. ...» Les autres frégates anglaises prennent la fuite à l'approche de la nuit.
«Modeste bilan pour une brillante action : Les pertes françaises sont relativement faibles compte tenu de la dureté et de l'intensité du combat : Pour l'Hemione, trois tués, six blessés graves dont trois succomberont, et treize blessés légers. Pour l'Astrée, trois tués et quinze blessés. Les deux frégates ont beaucoup souffert dans leurs mâtures et leurs agrés. »
Pertes du côté Français
Navires Tués Blessés
Hermione 6 16
Astrée 3 15
Total 9 31

Lapérouse : «Le seul fruit de la journée, observe-t-il, a été une corvette de 14 canons de 9, bien nécessaire pour constater notre avantage, et nous mettre à l'abri de la jactance des relations anglaises. »
Pertes du côté Anglais
Navires Tués Blessés
Charleston 8 29
Allegiance 1 5
Vulture 1 2
Vernon 7 6
Total 17 42

«Alarmés par la présence française dans le golfe du Saint-Laurent, les Anglais ont fait appareiller d'Halifax trois frégates de 44 canons pour la plus forte et de 32 pour les deux autres. Mais la rencontre entre les deux divisions n'aura pas lieu. ... »

«Ainsi s'achève la coopération exemplaire que vécurent Lapérouse et Latouche pendant quelques semaines. Le futur explorateur du pacifique eut à coeur d'appeler l'attention du ministre sur son subordonné : "J'ai remis, Monsieur, à la fin de ma lettre, de vous parler de M. Delatouche. Il est en amérique depuis deux ans ; on n'a pas tiré un coup de fusil sans lui, il a perdu son père dans cet intervalle et toutes ses affaires d'intérê ont resté dans le plus grand désordre. Il m'a prouvé dans cette dernière croisière qu'il était impossible que le roi eut à son service un officier qui eut plus d'ardeur, de zèle et d'intelligence ..." »
«Latouche indique dans son journal avoir appris par l'Engageante, arrivée de France le 7 septembre, sa promotion au grade de capitaine de vaisseau à compter de la fin du mois de juin. »
«S'adressant à Lapérouse, Castries écrira : "J'ai mis sous les yeux du roi le combat que vous avez livré le 22 juillet dernier à six frégates anglaises. Sa Majesté a été parfaitement satisfaite de votre conduite et de celle de M de La Touche qui vous a si bien secondé. Je ne laisserai échapper aucune occasion de faire valoir vos services ..." »
Sous Grasse : le blocus de la Chesapeake, septembre-novembre 1781

[RM] p.72-73 «L'Hermione ... appareille de Boston le 10 septembre. Elle a chargé 6000 livres de poudre destinées à l'escadre de Barras. L'opération combinée envisagée depuis si longtemps pour porter un coup décisif aux forces anglaises est en cours de réalisation. Il s'agit d'encercler l'armée Cornwallis et de la priver de tout secours par voie de mer. Les troupes de Rochambeau et de Washington ont quitté Newporte et Providence pour suivre, en contournant New York, un trajet terrestre de 800 km qui les a conduites en Virginie début septembre. Les huit vaisseaux de l'escadre Barras et les navires transportant l'artillerie lourde et le matériel de l'armée de Rochambeau ont appareillé de Newport le 25 août pour gagner l'entrée de la Chesapeake. »
«Partie de Saint-Domingue le 4 août à l'appel de Washington, l'armée navale de De Grasse, forte de 24 vaisseaux s'est présentée à l'entrée de la Chesapeake le 31 août et a débarqué les jours suivants 3300 hommes de troupe coloniales commandées par le marquis de Saint-Simon. Cette force, après sa jonction avec la petite armée de La Fayette, a occupé Williamsburg, à une quinzaine de kilomètres dans l'ouest de Yorktown tenu par Cornwallis.»
«Le 5 septembre, de Grasse a livré la bataille de la Chesapeake, contraignant à la retraite les 21 vaisseaux et les 7 frégates des amiraux Hood et Graves venus au secours de Cornwallis. Le 10 septembre, enfin, l'arrivée de l'escadre de Barras a parachevé la concentration des forces franco-américaines et le siège de l'armée de Cornwallis, enfermée à Yortown et Glocester de part et d'autre de la rivière d'York, a commencé.» ...
«Le 18 octobre voit la capitulation de Cornwallis qui, ayant perdu tout espoir d'un secours maritime, ne peut résister plus longtemps. Louis-René note dans son journal que 1200 matelots anglais sont tombés aux mains des alliés qui se sont emparés de plusieurs frégates et d'une quarantaine de navires de transport. L'indépendance américaine est maintenant acquise car les Anglais ne pourront surmonter cet échec majeur. La guerre maritime, en revanche est loin d'être terminée. »
«Le 4 novembre, Greasse, sa mission accomplie, appareille pour la Martinique... »

Fin de la campagne américaine


[RM] p.74 «Le 21janvier, de retour au mouillage de york ... Latouche apprend de la Villebrune, la décision prise par Rochambeau de renvoyer l'Hermione en France... La traversée, très rapide, conduit l'Hermione au mouillage de l'ïle d'Aix en 23 jours. »
«A peine arrivé sur rade, Louis-René pour se rendre immédiatement à la cour et y remettre les paquets dont il a été chargé par La Luzerne et le congrès américain.»
Bilan de la campagne américaine de l'Hermione

[RM] p.74 à 77 «Au cours de ses deux années de campagne sur la côte américaine, l'Hermione a connu toutes les sortes d'engagements : combat singulier, combat d'escadre, combat en division. Elle a rempli toutes les tâches que l'on peut confier à une frégate : attaque du commerce ennemi, éclairage, laison, transport logistique et elle a même joué à plusieurs reprises un rôle de représentation. Dans toutes ces circonstances, c'est un véritable sans faute que Latouche est parvenu à réaliser. On le sent maintenant parvenu au sommet de son art.»
Les prise de l'Hermione pendant sa campagne américaine' 1780-1782
Date Lieu Prise Qualité Armement
Chargement
Observations Equipage
02/06/80 abords de
New York
Thomas nav com beurre
chandelles
savon
8
06/06/80 abords de
New York
Rewrery nav com 570 boisseaus
de sel
7
29/10/80 abords de
New York
Philippe nav com 16 canonbs de 4
oranges
28
19/03/81 abords de la
Delaware
l'Union nav com 12 canons
11 passagers anglais
9 prisonniers américains
Mélasse
17
19/04/81 abords de
New York
Une
goélette
nav com néant navire détruit 3
12/07/81 Détroit
de Cabot
Thorn Corvette 18 canons de 6 collaboration
avec l'Astrée
26
17/07/81 Golfe du
St Laurent
Friendship nav com 12 canons
sucre rhum café
collaboration
avec l'Astrée
repris par l'ennemi
12
18/07/81 Golfe du
St Laurent
Phoenix nav com 8 canons
sel café tabac
collaboration
avec l'Astrée
19
19/07/81 Golfe du
St Laurent
Lockard
Ross
nav com bois de construction
filets de ppêche
collaboration
avec l'Astrée
repris par l'ennemi
11
27/07/81 Golfe du
St Laurent
Jack Corvette 19 canons de 9

«Quant aux pertes subies, elle sont assez lourdes : 44 tués, 54 bléssés.
Sur les 44 tués, 17 seulement, soit 39% sont morts au combat ; 12 hommes se sont noyés lors du naufrage de la chaloupe. ...»
Transition

[RM] p.81 «Bientôt le ministre [Castries] va confier à Louis-René de commandement de l'Aigle, une très grande frégate en armement à Rochefort, et d'une division de frégates en opération sur les côtes américaines. Son expérience récente le prépare à merveille à ces nouvelles responsabilités.
En attendant, l'ancien commandant de l'Hermione jouit à Paris d'un congé bien mérité ... »



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