Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

«La grande pêche de la morue à Terre-Neuve»
d'Adolphe Bellet (Ed.1901)

Histoire de notre colonie française d'Amérique du Nord

1524 (Exploration Verazani)  . . .  (Traité de Versailles) 1783
Les aléas de notre industrie morutière.

Dans cette page

La fondation de l'Empire colonial français d'Amérique.
     Premières explorations des côtes du Canada
     Fondation de la colonie du Quebec
     Exploration-Colonisation de l'Amérique septentrionale
     L'encerclement des colonies anglaises
Le démembrement de l'Empire colonial français d'Amérique
     Le Traité d'Utrecht : Première amputation
     Le Traité de Paris : Perte de notre colonie d'Amérique
     Le Traité de Versailles
Terre-Neuve devient province canadienne
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Selon Georges-Marie Butel-Dumont, auteur de
"l'Histoire et Commerce des Colonies anglaises de l'Amérique septentrionale", (s)
(ouvrage publié à Londres en 1755) :
«La pêche au Banc de Terre-Neuve a été pratiquée de tout temps par les Français
et longtemps avant que les Anglais se fussent établis dans l'île de Terre-Neuve.
»

La fondation de l'Empire colonial français d'Amérique.


Chapitre I (suite)
p.27     «Les premiers Français qui touchèrent les côtes d'Amérique étaient des pêcheurs et non des colonisateurs ; la découverte qu'ils avaient faite ne constituait, à leurs yeux, qu'un simple incident de voyage dont ils profitèrent pour relâcher et s'installer provisoirement dans une des baies de ces Terres Neufves, à seule fin d'y exercer leur industrie avec facilité. »
p.28     «Pendant près de deux siècles, nos nationaux fréquentèrent donc régulièrement les parages de Terre-Neuve avant de chercher à s'y établir à demeure et ce ne fut qu'au commencement du XVIème siècle qu'eurent lieu les premières tentatives de colonisation proprement dite. »
[1506]     p.29     «C'est en 1506 que nous trouvons les traces de cette première tentative (ensuite abandonnée) dont il faut rapporter tout l'honneur aux Normands de Dieppe et de Honfleur.»

Premières explorations des côtes du Canada

Jean Verazani
[1524]     p.30     «En 1524, une seconde entreprise fut confiée à Jean Verazani, (w) pilote florentin, mais cette fois encore il s'agissait beaucoup plus de découverte que de véritable colonisation. Verazani explora pour les relever toutes les côtes de l'Amérique septentrionale qui étaient depuis longtemps fréquentées par les pêcheurs français, basques, bretons et normands, en poussant un peu plus vers le Nord et vers le Sud, jusqu'à la Foride et la Virginie, c'est à dire entre les 24ème et 41ème parallèles de latitude Nord. »

Jacques Cartier
[1534]     p.31     «En 1534, une troisième expédition fut confiée à Jacques Cartier, (w) pilote de Saint-Malo, par Philippe de Chabot, (w) amiral de France, pour consolider et étendre les possessions de la France au Canada et dans les pays environnants. Parti de Saint-Malo, (1er voyage) avec deux bâtiments de chacun 60 tonneaux et montés par 60 hommes d'équipage, Cartier aborda à Terre-Neuve  . . .  De là, il se rendit dans la baie de Canada, entra dans le Saint-Laurent et prit possession du Canada au nom de la France. Dans ce premier voyage, il reconnut que Terre-Neuve était complétement séparée du continent amléricain. »
[1540]     p.31     (2ème voyage de Jacques Cartier) «Six ans après, en 1540, il retournait dans les mêmes pays avec François de la Roque, sieur de Robeval, nommé vice-roi de toutes ces terres, auxquelles on commença à donner le nom de Nouvelle-France. »

Les guerres de religion qui vinrent à cette époque ensanglanter la France  . . .  mirent fin à ces expéditions au cours desquelles on n'avait pu que planter les jalons d'un établissement sérieux. Tant que durèrent ces dissenssioins, il ne fut plus question ni de colonies, ni d'expéditions d'outre-mer, seuls les pêcheurs continuaient d'y aller exercer leur pacifique industrie. »

Fondation de la colonie du Quebec

[1599]     p.32     «Aussitôt qu'Henry IV (1553-1610) fut affermi sur son trône, il confia au marquis de la Roche, gentilhomme breton, la direction d'une nouvelle expédition au Canada (w) avec le titre de vice-roi qui avait déjà été porté par Roberval  . . .  De la Roche fut remplacé par Aymar de Chaste ayant pour lieutenant Samuel Champlain. »

Samuel Champlain
[1603-1608]     « . . .  Champlain (w) le (de Chaste) remplaça en 1603, et, par son activité, son énergie et son intelligence, il sut organiser cette magnifique colonie dont il peut être regardé comme le véritable fondateur. En 1608, il avait jeté les fondations de Quebec qui resta pendant de longues années la capitale de la Nouvelle-France. »


S'ensuit une longue période pendant laquelle des Talon, Frontenac, Marquette confortèrent les installations du Quebec.

Exploration-Colonisation de l'Amérique septentrionale par Cavelier de La Salle

Cavelier de la Salle
[1673]     p.32-34     «En 1673, Cavelier de la Salle, (w) avait remonté le Saint-Laurent jusqu'au lac Ontario et avait bâti, à la rencontre du lac et du fleuve, le fort Frontenac. Il entra dès lors en relation avec les Indiens, étudia leur langue, leurs usages, se familiarisa avec la navigation des rivières.
En réalité, son projet était de chercher une route plus courte vers la Chine et le Japon à travers le nouveau continent . . .  »
[1678]     «Tous deux (La Salle et son associé Tonti) revinrent au fort Frontenac, puis remontèrent le lac Ontgario jusqu'aux chutes du Niagara  . . .  »
[1679]     «En 1679, ils reconnurent le lac Erié et le Michigan  . . .  »
[1682]     «En 1682, il entra peu à peu dans le Mississipi auquel il donna le nom de Colbert. Il reconnu, en suivant le grand fleuve l'embouchure du Missouri, celle de l'Ohio (Arkansas)  . . .  Le 9 avril, après une navigation de 1.400 kilomètres en canot, depuis le confluent des illinois, ils débouchaient dans le golfe du Mexique . . .  La Salle donna au Mississipi le nom de Saint-Louis et au pays qu'il venait de traverser, celui de Louisiane. »

«Cette époque marque l'apogée de notre puissance coloniale en Amérique.»

p.34-35     «Par droit de découverte et de premier occupant, la France possédait alors dans l'Amérique septentrionale un vaste empire colonial s'étendant depuis le détroit de Baffin à la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique et dans toute la région des grands lacs et la riche vallée du Mississipi. »
«Il comprenait notamment l'île de Terre-Neuve et ses dépendances, l'île du Cap Breton et ses dépendances, le Labrador et le terroire de la baie d'Hudson, le Canada ou Nouvelle France le nouveau Brunswick et le Maine avec la Louisiane qui s'étendait alors des monts Alleganis aux montagnes rocheuses. »
L'encerclement des colonies anglaises

p.35     «Les colonies anglaises étaient toutes resserrées dans l'étroite bande qui s'étend des monts Alléghanis à la mer. »

Le démembrement de l'Empire colonial français d'Amérique et le "French-Shore" de Terre-Neuve.


Chapitre II
p.37     «Le voisinage des Anglais constituait pour notre colonie une menace permenente et un danger qui n'aurait peut-être pas existé si de la Salle et après lui le Chevalier d'Iberville, en prenant possession de la valée du Mississipi, ne leur avaient coupé le chemin de l'Ouest. »
«Ainsi empêchés de se livrer à un commerce très fructueux (celui des peaux de castor en particulier), jaloux aussi du monopole de la pêche de la morue que nous assurait la possession de tous les rivages fréquentés par ce poisson, ils ne perdirent jamais une occasion de nous y attaquer  . . .  »
Le Traité d'Utrecht : Première amputation.

«Aussi les événements malheureux qui marquère la fin du reigne de Louis XIV eurent-ils un grand retentissement dans la Nouvelle France d'Amérique. La guerre de succession d'Espagne (w) qui dura treize ans (1701-1714), fut désastreuse pour nous. »
[1713-1714]     p.38     «Les traités signés à Utrecht en 1713, à Bade et Rastadt en 1714, nous enlevèrent du même coup l'Acadie, le territoire de la Baie d'Hudson et l'île de Terre-Neuve avec toutes ses dépendances qui appartinrent désormais en toute propriété à l'Angleterre. Les îles Saint-Pierre et Miquelon, situées au sud de Terre-Neuve, étaient naturellement comprises dans ces dépendances  . . .  Nos chasseurs de castor y perdaient deux contrées,  . . .  mais les pêcheurs de morue étaient les plus directement atteints par cette cession de l'île de Terre-Neuve, sur les côtes de laquellz ils avaient l'habitude de préparer leur poisson.»
S'en suivirent des négociations : «le droit de pêcher et de sécher nous fut concédé sur toute la côte septentrionale de l'île de Terre-Neuve  . . .  Les anglais appelèrent cette partie du rivage le "French-Shore", c'est à dire la "Côte française de Terre-Neuve". »
«Ainsi,  . . .  nous conservions le droit d'y envoyer nos bateaux de pêche, d'y débarquer les équipages, d'y séjourner tout le temps que durait la saison de pêche, d'y édifier des cabanes et des échafauds pour y préparer le poisson comme auparavant.
«Pour eux (les Anglais) la question des pêcheries était tout à fait secondaire.

«Ce qui nous restait en 1713 de la nouvelle France consistituait encore un vaste empire dont le trafic, consistant en pelleterie, castors, loutres, etc., en poisson salé, morues, blés, planches, etc., se faisait surtout par le Saint-Laurent et la baie du Canada  . . . 
Le Traité de Paris : Perte de notre colonie d'Amérique

[1763]     p.40     «Le traité de Paris (w) (fin de la guerre de sept ans) nous enleva le Canada, l'île du Cap Breton, et la partie la plus occidentale de la vallée du Mississipi qui touchait aux colonies anglaises de la Côte Atlantique ; La pêche nous fut expressément interdite sut les côtes du Cap Breton et du Canada.
Nos droits sur le "French-Shore" furent maintenus et confirmés et, pour nous servir de points de relâche, l'Angleterre nous rétrocéda les deux îlots roheux de Saint-Puierre et Miquelon situés au sud de l'île de Terre-Neuve.
Le Traité de Versailles

[1783]     p.42     «Le traité de Versailles (w) (fin de la guerre d'indépendance des États-Unis) réduisit à néant les prétentions des Terre-Neuviens (qui prétendaient avoir le droit de pêcher sur la côte française) en proclamant que les droits de pêche des Français sur le "French-Shore" sont exclusifs de la concurrence des pêcheurs anglais. Les Français seuls ont le droit de pêcher sur le "Freench-Shore" :
Mais le littoral du "French-Shore" est réduit.
p.43     «Par contre, elle (l'Angleterre) nous rendait Saint-Pierre et Miquelon sans nous imposer les clauses humiliantes (interdiction de construire  . . .  ) de l'ancien traité.
p.45     «Aucune restriction n'est apportée auy droit de pêche des Français, ni dans la forme des engins,ni dans la nature des produits que peuvent nous offir les eaux de Terre-Neuve, comme : morues, Harengs, capelans, lançons, moules, coques de mer, homards et autres animaux vivant dan l'eau.
«Pendant un quart de siècle, le traité fut exécuté loyalement.
p.46     «Aucun acte international n'est venu, depuis lors, modifier les droits de la France, de sorte que nos pêcheurs devraient pouvoir aujourd'hui y exercer leur industrie avec les mêmes libertés qu'au siècle dernier.»

p.47    «la colonie anglaise de Terre-neuve, qui se croit devenue une véritable puissance, supporte avec peine la servitude qui grève son patrimoine national au profit des Français  . . .  et nie que notre droit de pêche sur le "French-Shore" soit exclusif  . . . 


[1857]     Les Conventions franco-britanniques de 1857 et 1884 confirment cependant les traités précédents.

Ici se termine cette partie du livre d'Adolphe Bellet relative à l'histoire de
notre colonie d'Amérique du Nord.


Complément d'enquête:

De colonie britannique, Terre-Neuve devient province canadienne


[1867]     «Les Terre-Neuviens n’expriment pas le désir de participer à la fédération canadienne à sa création, en 1867.
[1907]     Terre-Neuve devient un dominion britannique en 1907.
[1948-1949]     «Deux référendums, tenus le 3 juin et le 22 juillet 1948, permettent aux habitants de Terre-Neuve et du Labrador, à l’est du Canada, de se prononcer sur leur avenir constitutionnel. Ils optent à 52,3 % pour joindre la fédération canadienne, ce qui se réalise le 31 mars 1949.
Référence : le site "Perspective monde" (s)

[1904]     Après 1904, la France a établi ses activités de pêche dans l'Atlantique Nord à Saint-Pierre et Miquelon au lieu de l'île de Terre-Neuve.
«La pêche française, datant de plusieurs siècles dans les eaux de Terre-Neuve et du Labrador, a pris fin en 1904, lorsque la France a cédé tous ses droits sur le Treaty Shore en vertu de l'Entente anglo française ou Entente cordiale. L'entente a permis à la France et au Royaume-Uni de régler des disputes coloniales qui persistaient et elle obligeait la France à céder ses droits territoriaux et ses droits de pêche à Terre-Neuve en échange d'un territoire britannique en Afrique. Après 1904, la France a établi ses activités de pêche dans l'Atlantique Nord à Saint Pierre et Miquelon au lieu de l'île de Terre-Neuve. «La pêche française à Terre-Neuve» -HERITAGE- (s)

Fin de la pêche à Terre-Neuve
[1980]     L'effondrement de la ressource morutière
[1992]     Le moratoire
Référence : le site «Effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve (W)

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