Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

«La grande pêche de la morue à Terre-Neuve»
Adolphe Bellet (Ed.1901)

(Chapitre VII)
«L'Industrie de la pêche et de la préparation de la morue aux XIXème siècle »

Dans cette page

Nouveaux bateaux, Nouveaux équipages
Salaires comparés
Le grand départ des Terre-Neuvriers
La traversée
Préparation de la pêche
La pêche
Le travail de la morue
Le salage
Le séchage
L'huile de foie de Morue
Economie et bénéfices induits
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p.173    «Quel contrastre nous offrirait, si elle pouvait se faire, la comparaison entre les Terre-Neuvriers modernes et les nefs harenguières qui s'aventurèrent les premières, à la suite des Basques, sur la route des Terres-Neuves de l'Amérique ...
«Et pourtant la pêche au Banc n'a pas encore dit son dernier mot ...
Nouveaux bateaux, Nouveaux équipages

[1875]    p.173-175    «Les navires qui ont été construits en ces dernières années ou simplement retirés du long-cours et transformés pour être envoyés à la pêche de la morue sur le Grand Banc sont de grands trois-mâts solides et élégants, jaugeant 300 à 450 tonneaux et gréés
L'Equipage
1 capitaine, qui doit être reçu
      maître au cabotage
1 second, qui fait généralement l'office
      de trancheur sur les lieux de pêche
1 saleur, qui fait fonction de lieutenant ou de
      ou de chef de quart
12 patrons de doris
12 matelots
1 novice
2 mousses


-   les uns en barque avec vergues au mât de misaine et au grand-mât,
-   les autres en goëlettes avec des vergues au premier de ces mâts.

«La valeur moyenne d'un de ces navires neuf et prêt à partir est d'environ 175.000 fr et leur équipage se compose en moyenne de 30 hommes

Matériel d'armement et nouriture
500 brasses de chaîne-cables
      4 ancres de 425 à 450kg chacune
120 pièces bordelaises de cidre
      10 bariques de vin
      100 litres de genièvre
      2.000 d'eau de vie
18 doris avec gréement et avirons
      75 ancres de doris
5.000 kg de biscuits
750 pièces de ligne de 75 brasses
      150.000 avançons de 1m
      150.000 hameçons en acier
1.500 kg de pommes de terre
Cordes pour les bouées et pêche au bulots
      Chaudrettes, manes, paniers
      50 barils de harengs salés pour appâts
Du lard et du boeuf salé
      Des conserves de viande et de légumes
      Du beurre, de la graisse et de l'huile
300 tonnes de sel pour préparation de la morue 10 toones de charbon de terre pour la cuisine









«En un mot, tout ce qu'il faut pour que ce navire n'ait besoin de rien pendant cette longue campagne pour laquelle on doit tout emporter, même l'eau potable, qui est renfermée dans des caisses en tôle où elle se conserve très pure et salutaire.
Salaires comparés

p.184   Après une étude minutieuse des salaires annuels des différents armements, l'auteur conclue :
«Ainsi, même en supposant, hypothèse tout à fait inadmissible, que les bâtments du commerce navigueraient 12 mois par an sans désarmer, ou bien que leurs hommes trouveraient immédiatement un embarquement sur un autre navire, l'avantage reste encore à nos Terre-Neuvriers qui, pour une période de neuf mois seulement, procurent plus d'argent aux familles que ne le feraient les plus grands navires armés au long-cours ou au cabotage.
Le grand départ des Terre-Neuvriers

p.184-188    «Le départ de cette véritable armée de pêcheurs, qui quittent chaque année à des périodes à peu près fixes les différents ports du littoral normand et breton pour aller, au milieu des dangers de toute sortes, exploiter les Bancs et le French-Shore de Terre-Neuve, constitue, pour nos populations maritimes, un évènement de premier ordre qui, malgré sa périodicité, émeut les coeurs les plus indifférents.
«En quelques jours, nos bassins, encombrés de navires, d'où emerge une forêt de mâts dont les vergues s'entrecroisent et sur lesquels s'agite une foule affairée, se vident et semblent plongés dans un sommeil léthargique qui durera jusqu'au retour des terre-neuvriers dont les dernières voilures disparaissent à l'horizon grisâtre.
«A Saint-Malo, on voit d'abord partir les "pelletas" ou "graviers" dont le métier consistera à faire sécher le poisson sur les graves ; puis les "marins à la pouche" partant sans engagement et avec espoir de trouver là-bas une occupation ... Rien n'est plus saisissant que le spectacle de l'embarquement de toute cette fourmilière humaine, venue de tous les points de la côte bretonne, Cancale, Saint-Malo, Dinan, Saint-Brieuc, Paimpol, Tréguier, etc ... Entre temps partent les "banquais" armés à Saint-Malo et qui emportent avec eux leur équipage complet.
«A Fécamp, les départs de la flottille qui se compose de 68 grands navires dont quelques-uns dépassent 400 tonneaux, s'effectue toujours par petits groupes de 4, 6 ,8 voire 10 navires à la même marée de fin mars à la dernière quinzaine d'Avril.
Les préparatifs, «Aussitôt que tout est paré à bord, une revue de détail est passée par les "capitaines visiteurs" du port ; ils délivrent un "certificat de visite"...
«L'équipage passe au "bureau de l'inscription maritime" où il est fait lecture des conditions de l'engagement ... Chaque homme reçoit alors de l'armateur les avances qui lui sont nécessaires pour se "gréer" lui-même et permettre à sa famille de vivre pendant son absence.
«Enfin une messe est dite ... A cette messe ne manquent jamais d'assister avec l'équipage au grand complet, les mères, les femmes et les soeurs des marins qui vont partir.
«Puis le jour du départ arrive enfin. C'est un spectacle grandiose et touchant que celui qu'offrent en ce moment les abords des quais et des jetées qui sont noirs de monde ... Ah ! ils ne sont pas gais à ce mooment-là tous ces braves marins qui ont pourtant déjà risqué vingt fois leur vie sans peur comme sans regret ...
La traversée

«Le tremps que mettent nos Terre-Neuvriers pour se rendre sur les lieux de pêche est essentiellement variable et est entièrement subordonné à la direction du vent, à l'état de la mer et aux qualités du navire.
«On en a vu qui "banquaient" douze jours seulement après leur départ de Fécamp, tandis que d'autres mettaient six semaines pour arriver sur le Banc. «Dès le départ, les hommes sont répartis en deux bordées qui font le quart alternativement, les "tribordais' sous la direction du second, les "babordais" sous celle du saleur. Le quart est de quatre heures, de nuit comme de jour. Le capitaine et les mousses sont exemptés de cette corvée.
«Pendant le jour, ceux qui sont de quart et qui ne sont pas occupés à la manoeuvre, préparent les agrés pour la pêche, tels que gaffes, piqueux, ancres de doris, avirons, bouées, chandrettes et mannes.
Préparation de la pêche

p.213    Les appâts    «On donne le nom de "boëte" à l'appât dont on garnit les haims pour prendre la morue. Les variétés d'appâts qui sont aujourd'hui employées par les pêcheurs peuvent être réduites à six :
Le hareng frais, le capelan, l'encornet, le bulot, la grande coque et la moule.

p.189    Les lignes    «Quelques jours avant d'arriver, on monte les lignes : Chaque doris reçoit 24 pièces de lignes de 75 brasses chacune, soit 1.800 brasses ou 3 km de ligne. A un mètre et demi de distance les uns des autres sont attachés les "avançons" d'un mètre de longueur terminé par un hameçon en acier de fabrication anglaise, norvégienne ou française n° 13,5 ou 14.
Puis on prépare la cale au sel et les viandes à bulots.
       «Dès que l'on n'est plus qu'à 25 ou 30 milles du Banc, l'apparition des oiseaux qui viennent de plus en plus nombreux indiquent qu'on arrive.
p.192    «Les doris sont aussitôt mises à la mer ; deux hommes, le patron et son matelot s'y installent et, munis de "chaudrettes" (w) attachées à de longues cordes et qu'ils ont amorcées au moyen de harengs ou autres viandes salées et rapportés de france, ils commencent la pêche au bulot qui se fait tout près du navire. Quand la récolte est suffisante, les bulots sont envoyés à bord et broyés, ... et on commence le boëtage des lignes, c'est à dire à garnir les haims avec la chair de ces mollusques.
La pêche

«C'est alors que commence la pêche proprement dite.
«Environ deux ou trois heures avant le coucher du soleil, si l'état de la mer le permet, les doris sont envoyées chacune dans une aire de vent différente mettre dehors les lignes lovées dans de petites "mannes" ou barils placés au fond entre les deux hommes ...
«Au début d'un mouillage, on commence à filer les lignes à une distance d'environ cent brasses du navire, mais peu à peu, les doris doivent s'éloigner davantage sans toute fois aller à plus de trois ou quatre milles ... «L'opération de mise dehors dure environ deux heures quand la mer est calme. Les hommes rentrent à bord et hissent les doris sur le pont pour ne pas les laisser à la merci de la mer ...
p.193    «Quand tout le monde est renté, on soupe et on pompe pour débarasser la cale de la saumure et du jus de poisson qui s'est écoulé des piles de morues préparées ...
«On appelle alors les hommes à la prière qui est généralement faite à haute voix ...
«A ce moment, la nuit est tout à fait tombée, on a allumé les feux de position et tout le monde va se coucher ...
«Un seul homme reste sur le pont pour faire le quart et veiller à la sécurité de l'équipage. Le quart ne dure qu'une heure, c'est tout ce qu'on peut demander à ces marins harassés par quinze ou dix-huit heures du plus dur labeur.
«Il règne une audeur fade et écoeurante dans l'étroit réduit éclairé d'un "quinquet" fumeux alimenté à l'huile de foie de morue où 20 à 25 hommes dorment à la fois mélangeant leur haleine forte à la buée qui se dégage de leurs hardes souillées de débris de poisson ...
p.194    «Quand le jour va percer, l'homme de quart éveille l'équipage de façon à ce que tout le monde soit prêt quand il fera suffisamment clair, ce qui a lieu entre 3 heures et demie et quatre heures en été. On appelle à la prière, on verse à chaque homme un "boujaron" (6 cl) d'eau de vie en même temps qu'on fait une distribution de biscuits...
«On débarque alors les doris et chacun va relever les lignes qu'il a mises dehors la veille au soir et en décrocher les morues.
p.195    «L'opération du lever des lignes dure environ trois heures. Quelquefois, quand la morue donne, la même doris est obligée de faire deux voyages pour ne pas perdre de poisson et ne pas s'exposer à charger jusqu'à couler bas. Aussi, suivant l'abondance du poisson et surtout de l'état de la mer, les pêcheurs rentrent au navire de 8h30 à midi.
p.196    «Aussitôt que la doris a accosté le bâtiment, la morue est embarquée, c'est à dire jetée sur le pont au moyen d'un "piqueu"
«Quand la dernière doris est rentrée, on déjeune. Le menu n'est guère varié. Pendant toute la durée de la banquaison et tant que la pêche peut s'effectuer, il se compse de poisson bouilli dont la morue fraîche fait les frais, quelquefois remplacée par de la raie ou du flétan. Les hommes qui ont réussi à prendre un "dadain" (S) pendant leur moment de loisirs le font rôtir pour eux-mêmes ...
Après le déjeuner on se met à travailler la morue.
Le travail de la morue

p.199    «Chacun commence par "chreuiller" les morues. Pour cela il leur fend l'abdomen depuis l'anus jusqu'à la gorge; il en retire les oeufs ou "rogues" qui sont mis à part dans un baril pour être salés, le foie qui est jeté dans la "fassière" où il se transformera en huile et enfin les "breuilles" ou intestins qui seront ensuite jetés à la mer. Cette première opération terminée, il détache la tête du poisson dont il met la langue à part pour être salée et il jette la morue vidée et décollée dans un parc près duquel se trouve le trancheur.
p.200    «Celui-ci, qui n'est autre que le capitaine ou le subrècargue, reprend le poisson à demi-préparé et le fend d'un bout à l'autre, mais en conservant assez de chair sur le dos pour que les deux parties, une fois ouvertes, semblent ne faire qu'un seul et même poisson plat. Il coupe ensuite l'arête dorsale et enlêve la partie supérieure de cet os dont l'inférieure est conservée pour donner plus de fermeté au poisson. Ainsi préparée, la morue tranchée est passée aux mousses (s) qui sont chargés de la laver dans de grandes "bailles" remplies d'eau de mer que l'on renouvelle aussi souvent qu'il est besoin. Le poisson est ensuite envoyé dans la calle où il est livré au saleur.
Le salage

p.200-201    «Deux méthodes sont employées pour saler la morue :
«1° Le salage en saumure dans un récipient étanche,
«2° Le salage en "arrimes" qui permet au poisson de s'égouter et de perdre ainsi le sang qu'il peut encore conserver après le lavage. La morue doit être étendue soigneusement en arrimes afin d'éviter que des plis ne se forment, car il serait très difficile de faire disparaître ces plis lors de la préparation définitive. Une grande attention doit être apportée pour que le sel soit réparti d'une manière uniforme sur chaque couche de poisson en proportion de son épaisseur. Trop de sel brûlerait le poisson, trop peu le rendrait doux.
p.201-202    «Aussi le choix du sel est-il une question très importante qui a souvent divisé les armateurs. Depuis un quart de siècle, ce sont les sels de Méditerranée qui sont en faveur à Fécamp. Il est transporté des salins d'origine au port d'embarquement par de grands navires affrétés à cet effet et qui jaugent 2.500 à 3.000 tonneaux.
Le séchage

p.202    «Lorsque les débuts de la campagne ont été favorables et que les premiers mois de pêche ont donné de bons résultats, certains navires vont porter à Saint-Pierre les produits de cette pêche. Ils en profitent pour compléter s'il y a lieu leur approvisionnement en sel et emportent, en quittant cette colonie, quelques barils de capelan (w) qui leur sert de boëte au début de la seconde pêche.
Les morues ainsi débarquées sont séchées sur les grèves par les Graviers (S)

«Mais lorsque le navire a emporté une quantité suffisante de sel et qu'aucune cause ne l'oblige à une relâche coûteuse, il revient directement quand il "débarque", (c'est à dire lorsqu'il quitte le banc, à la fin de la pêche) vers les princiaux ports de retour qui sont Bordeaux, Port-de-Bouc, Martigues, La Rochelle et Nantes et où sont établies des sècheries et qui constituaient (fin XIXème, Début XXème) les plus grands marchés français pour la morue... Les choses ont bien changé depuis.
- «D'une part, une nouvelle industrie, le "repaquage" (w) de la morue verte salée en tonnes semble vouloir s'implanter dans les ports de la Manche ;
- «D'autre part, des tarifs spéciaux ont été consentis par les grandes compagnies de chemins de fer pour le transport à destination de Bordeaux et des ports de la Méditerranée.
p.205    «Le séchage de la morue, c'est à dire sa préparation définitive, constitue une industrie spéciale, complètement distincte de la pêche proprement dite et à laquelle l'armateur ne participe en aucune façon.
p.206-209    «Deux méthodes existent : le pressage et le séchage. C'est le séchage qui a toujours été employé par les Français, comme d'ailleurs la plupart des peuples qui ont exercé cette industrie.Dans certains endroits on étendait simplement le poisson sur les graves. Dans d'autres, on se servait d'"échafauds" en bois auxquels on suspendait les morues. A Bordeaux, les industriels avaient remplacé les échafauds par des "vigneaux" en bois sur lesquels le poisson était suspendu par la queue. Le séchage s'opérait ainsi en deux à six jours seulement.
Puis, la concurrence américaine a conduit au séchage artificiel : «Le séchage artificiel par le procédé américain consiste à exposer le poisson sur des plateaux dans un séchoir où la température est portée à 80° et 90° Farenheit.
D'autres procédés : «Tout autre est le procédé français Chédru, Dupont et Melis ... (ventilation forcée et température de 30 à 32° pendant 12 à 18 heures, 36 heures pour expédition dans les colonies)
L'huile de foie de Morue

p.210-211    «Cette huile, dont chacun connaît les propriétés curatives dans le traitement de la "scrofule" (s) et des affections de poitrine, n'est pas seulement employée par la médecine, qui ne constituerait qu'un débouché de peu d'importance. La grande industrie l'emploie concurremment avec les autres huiles de poisson et notamment celle du hareng, pour le graissage et la préparation des cuirs ...
«C'est surtout au début de la campagne, quand il ne fait pas trop froid, que les pêcheurs utilisent les foies, et qu'ils en retirent les meilleurs produits, c'est à dire une huile très limpide, à peine teintée de rose, et presque sans odeur. Pour cela, ils installent sur le pont, près des parcs à morue, plusieurs tonneaux à gueule bée, échancrés d'un côté et nommés "fassières". On y jette les bons foies au fur et à mesure que les morues sont "ébreuillées" (s), et l'on attend que l'huile se fasse d'elle-même par le seul tassement de ces foies qui s'accumulent. L'huile surnage bientôt au dessus de la masse. On la retire avec des poches pour l'enfermer dans des bariques que l'on descend dans la cale aussitôt qu'elles sont remplies.
Economie et bénéfices induits

p.221    «Il est inutile d'insister davantage sur l'importance qu'a acquise, de nos jours, en France, l'industrie morutière.
«Elle fait vivre directement plus de 20.000 familles, et donne lieu à un commerce général de plus de 40 millions de francs (chiffres de début XXème siècle) par ses seuls produits de consommation qui procurent, en outre, à notre marine marchande, un fret annel de plus de 60.000 tonnes ...
Si nous la considérions maintenant au point de vue de la défense nationale, nous verrions qu'elle occupe annuellement près de 12.000 marins dans la force de l'âge et qui y sont maintenus dans un continuel état d'entraînement, formant ainsi le moyen le plus solide de la réserve de notre armée de mer, dans laquelle ils seraient aussitôt incorporés, si un danger venait à menacer notre patrie.
«Il est de l'intérêt bien entendu de la nation de ne point laisser pérécliter cette branche de l'industrie maritime française au moment même où l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et les Etats-Unis font les plus grands sacrifices pour leurs flottes ...

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La fin de ce chapitre du livre d'Adolphe Bellet est consacrée aux aides sous forme de taxes ou détaxes accordées aux industriels français de la morue pour compenser les déséquilibres dûs en particulier à l'éloignement des lieux de pêche par rapport aux producteurs américains.
Elle donne également des statistiques économiques largement développées dans l'étude d'IFREMER. Il est inutile de les reproduire ici.


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