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Annexe

«La grande pêche de la morue à Terre-Neuve»
Adolphe Bellet (Ed.1901)

«Maintien de nos droits au French-Shore»
(Conclusion)

p.278     «Pendant plusieurs siècles, les pêcheurs français ... se contentèrent de relâcher dans les havres qu'ils avaient découverts pour y exercer leur pacifique industrie et entretinrent des relations cordiales avec les indigènes qu'ils ne cherchaient ni à soumettre ni à refouler pour s'installer à leur place ...
«Mais quand la fièvre des conquêtes lointaines vint agiter notre vieux monde, les Français profitèrent de leur situation privilégiée sur les côtes des Terres-Neuves pour se tailler, dans le vaste continent qui s'étendaient devant eux, un immense empire colonial dont la richesse ne tarda pas à exciter la convoitise de nos rivaux.
p.279     «Il s'ensuit un siècle de luttes acharnées et de guerres meurtrières, à la suite de quoi il ne nous restait plus en toute propriété que deux îlots rocheux et arides, ainsi que le droit de pêcher (S) sur une partie du littoral de l'île de Terre-Neuve devenue anglaise par droit de conquête.
p.280     «Si Saint-Pierre et Miquelon sont de minuscule points de relâche dont la population sédentaire est aussi restreinte que le sol qui la porte, il existe, non loin de là, une vaste colonie restée française par le fait même de la vitalité de notre industrie morutière.
«Cette colonie dont le sol est recouvert de 80 à 100 mètres d'eau, produit, au lieu de céréales, du poisson en abondance et est, huit mois sur douze, sillonnée, labourée et fauchée par les lignes de nos pêcheurs.
«Cette colonie sous-marine, qu'aucun traité international ne nous a spécialement attribuée, mais dont les pêcheurs de Fécamp, Saint-Malo, Granville et autres terre-neuviers ont su nous conserver les revenus, rapporte actuellement (1901) à la France plus de 25 millions de francs de produits.
«C'est elle, surtout qui continue la tradition française en Amérique.
«C'est elle, le «French-Shore», que nous devons défendre contre la concurrence étrangère qui la menace.
«Saint-Pierre et Miquelon n'auraient plus de raison d'être, et cette colonie ne tarderait pas à disparaître si la pêche venait à pérécliter.
«Mais l'avenir de la pêche au Banc dépend lui-même du maintien de nos droits sur le French-shore de l'Ile de Terre-Neuve.

Suivent des arguments de négociation permettant de conserver nos droits sur le «French-Shore» avant de conclure :

p.284     «C'est par l'industrie de la grande pêche que nous nous sommes implantés les premiers dans les Terres-Neuves de l'Amérique du Nord ; c'est pour défendre cette même industrie que nous devons y rester coûte que coûte. L'intérêt supérieur de notre pays l'exige.

-o-
C'est la fin de ce dernier chapitre du livre d'Adolphe Bellet,
mais ce n'est pas la fin de l'histoire !

-o-

Contestation de 1855 et cession de 1904 Côte française de Terre-Neuve (W)
[1855-1904]     «En 1855, Terre-Neuve se dote d'un gouvernement et conteste à la France son utilisation exclusive de la côte terre-neuvienne.
Après un demi-siècle de négociations, dans le cadre de l'Entente Cordiale, la France cède par la convention anglo-française de 1904 la majeure partie de ses droits de pêche, sauf autour de Saint-Pierre et Miquelon. En échange d'une compensation financière, ainsi qu'en échange de concessions territoriales en Afrique de l'Ouest et du Centre, la France conserve son droit de pêche, mais ne peut construire d'installations.
[1906]     L'Angleterre finit par supprimer l'accès au French Shore en 1906 et imposer aux Français la pêche au banc (pêche de la morue verte, dite « pêche errante »).»


En complément on pourra consulter le site "Héritage.net" relatif au French-Shore (S)

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