Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

«La grande pêche de la morue à Terre-Neuve»
Adolphe Bellet (Ed.1901)

(Chapitre V) «Pêcheurs pendant la Paix - Corsaires pendant la Guerre»

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Se défendre
Corsaires du Roi et Pirates
Prises de course
Incitations à la course - Faire la chasse à l'Anglais
Pendant la Révolution française
Bonnes et mauvaises fortunes de mer
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«Temps de Paix et Temps de Guerre»


p.111    Que faisaient donc, pendant ce temps, les équipages des bateaux que l'insécurité de la mer empêchaient de faire voile pour l'Amérique ?
Se défendre

p.111    «Avant la création des flottes de guerre et l'organisation d'une armée navale régulière, nos marins, avaient pris l'habitude de se défendre eux-même contre les bâtiments ennemis qui venaient souvent les menacer et les attaquer.

(Ci contre Le renard (W) (1813) et son capitaine Surcouf (W) (1773-1827))

«Nos marins étaient habitués, dès leur plus jeune âge, à livrer bataille tantôt contre les Anglais, tantôt contre les Hollandais ou les Espagnols.
p.112    «La guerre leur était donc presque aussi familière que la pêche ... Ainsi, quand ils ne pouvaient aller à Terre-Neuve, il leur semblait tout naturel de s'armer pour faire la chasse aux bâtiments ennemis, dans la guerre de course.
«C'étaient alors de corsaires ... auxquels venaient d'ailleurs se joindre d'autres capitaines ... Ils tirraient d'ailleurs, de cette guerre de course, des profits qui leur faisaient attendre avec moins d'impatience le retour de la paix.
Corsaires du Roi et Pirates

[1543 et 1583]    p.112-113    Les ordonnances de 1543 et 1584 fixaient «les avantages que le roi promettait à tous ceux qui voulaient guerroyer pour son compte, tout en s'armant à leur propres frais. Et avec cela, il se procurait la marine de guerre qui lui manqua jusqu'à Colbert.
p.113    «Cependant, quels qu'aient été les excès commis par quelques-uns, ... il ne faudrait pas confondre les corsaires avec les pirates, forbans et autres écumeurs de mer qui ne se réclamaient d'aucune nation, vivant uniquement de brigandage et qui, de tout temps, chez nous, ont été mis hors la loi.
Lettre course (ou de marque) (W) : «Nul ne pouvait armer à la course s'il n'était muni préalablement d'une commission spéciale de l'Amiral, lequel d'ailleurs ne la refusait jamais. Faute de cette commission, le navire eût été réputé pirate et traité comme tel.
p.114    «Les corsaires devaient combattre sous le pavillon de M. l'Amiral qui était le pavillon de France.
«Une autre obligation imposée aux armements de course prescrivait que les deux tiers au moins des équipages fussent composés de matelots français et commandés par des officiers français.
Prises de course

p.114    «Tout bâtiment pris sur l'ennemi ou trouvé porteur de marchandises à destination de l'Angleterre, était réputé bonne prise et adjugé comme tel au corsaire qui le ramenait dans un port français où la vente était faite aux enchères publiques. Une retenue de six deniers par livre (2,5%) était prélevé au profit des invalides de la marine. Le reste était réparti entre l'armateur et les gens du corsaire : deux tiers pour le premier, le reste pour l'équipage.
[1688-1697]    «Pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg, 4.200 bâtiments marchands anglais dont la valeur dépasse 750 millions de francs furent pris ou détruits par eux.
C'était l'époque des Jean Bart (W), des Forbin (W), des Duguay-Trouin (W), des Pontis, des Ducasse et des Cassard (W) ...
Incitations à la course - Faire la chasse à l'Anglais

p.115    «La marine de l'Etat continuant à décroître sous louis XV et Louis XVI, ces princes furent obligés de s'adresser aux corsaires chaque fois qu'une guerre venait à éclater. Ainsi, quand survint la guerre d'Amérique, le gouvernement fit aussitôt appel à tous les propriétaires de bateaux marchands et pêcheurs.
«Pour stimuler encore l'ardeur des corsaires, et les pousser à attaquer même les navires de guerre, le roi promit une gratification de 100 livres pour chaque canon enlevé à l'ennemi ...
«Il alla même jusqu'à offrir des canons et aussi des bâtiments ...
[1778]    p.116    «Le 11 juillet 1778, une dépêche de M. de Sartine à M. Thirat, commissaire à Fécamp, lui faisait connaître que Sa Majesté ordonnait à tous les vaisseaux armés en course de faire la chasse à ceux du roy d'Angleterre ... Les corsaires n'avaient poas attendu cet ordre pour se mettre en chasse car dès le mois précédent, nous trouvons à Fécamp des matelots anglais retenus comme prisoniers ...
Pendant la Révolution française (Loi du 29 nivôse an VI (18 janvier 1798))

[1789]    p.119-120    «Quand vint la révolution d'où sortirent vingt-deux années presque ininterrompues de guerre maritime avec l'Angleterre,
les armements en course atteignirent leur plus haute période de gloire.
«C'est un véritable poême épique que l'histoire de ces corsaires de la Révolution, marins hardis, et aventureux qui, montés sur de misérables petits bateaux, mal armés, n'avaient d'autre pensée que de courrir sus à l'Anglais, pour s'emparer de ses bâtiments et de ses marchandises, s'attaquant même à des navires de guerre qui leur étaient dix et vingt fois supérieurs ...
p.128    «Mais le plus souvent, les navires anglais ou apportant à Londres les productions variées des côtes d'Afrique et des Indes Orientales et qui en valaient la peine par l'importance de leur chargement, se faisaient escorter à grand frais par un navire de guerre britannique. Et il fallait livrer, pour s'en emparer, une véritable bataille dont l'issue était parfois fatale aux nôtres, malgré la bravoure ... Mais malheur à celui qui osait s'aventurer dans la Manche, seul ou sans autre défense que les moyens personnels dont il pouvait disposer à son bord. Sa présence dans nos eaux ne tardait pas à être signalée et il lui était bien difficile d'échapper alors aux grappins que le corsaire lui lançait pour s'attacher à ses flancs, sauter à l'abordage, ...
Bonnes et mauvaises fortunes de mer

[1809]    p.130    «Il devenait inespéré pour tous quand la seule prise de "Fortuna" ramené à Fécamp le 18 février 1809, produisit à la vente une somme de 486.067 fr. et celle de "The Experiment", ramené par le corsaire l' "Espoir" le 11 Août de la même année, et qui ne produisit pas moins de 772.781 fr.
«Tous nos capitaines n'avaient pas cette même chance.
«D'autres sont moins heureux encore et périssent victimes de leurs audacieuses entreprises.
«Quelques-uns enfin sont pris par les Anglais, et leurs équipages vont grossir la masse des prisonniers français entassés sur les pontons britanniques (W), de sinistre mémoire. Un grand nombre de marins pêcheurs, devenus corsaires autant par goût que par nécessité, subirent là de longues années de captivité, car les portes de leurs bagnes ne s'ouvrirent qu'en 1815. Toutefois, malgré la surveillance étroite dont ils étaient l'objet, queques-uns parvenaient de temps en temps à s'en échapper.


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