Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

«La grande pêche de la morue à Terre-Neuve»
Adolphe Bellet (Ed.1901)

(Chapitre VIII) «SAINT-PIERRE et MIQUELON»

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Saint-Pierre et Miquelon
Situation et géographie
Histoire de Saint-Pierre et Miquelon
L'industrie morutière à Saint-Pierre
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Saint-Pierre et Miquelon

p.245    «Si l'on ne noulait envisager que la question de l'expansion coloniale, on pourrait dire que l'Histoire des Français dans l'Amérique du Nord se termine au traité de Versailles de 1783, ou plutôt en 1815, en tenant compte de la Louisiane qui fut concédée plus tard par Napoléon aux Etats Unis.»
«Les Traités de 1815 ne nous laissèrent, dans l'Amérique septentrionale, que les minuscules îlots de Saint-Pierre et Miquelon
(Voir "Vente de la Louisiane" (s) et "Traité de cession de la Louisiane entre la France et les Etats-Unis" (s) )

p.246    «Qu'est-ce donc que Saint-Pierre et Miquelon, si on compare leur étendue territoriale et leur population sédentaire aux autres colonies que la France a su se créer en Afrique et en Asie ? :
«Un point imperceptible perdu dans les brumes au milieu de l'empire colonial anglais de l'Amérique du Nord !
«Et cependant,
«Quelle activité règne aujourd'hui sur ce point que nous avons pu arracher à la rapacité britannique !
«Quelle vitalité accusent ces îlots arides que la nature elle-même semblait avoir voués à l'isolement et à la désolation perpétuelle !
«Quels intérêts commerciaux et économiques s'agitent autour d'eux !

«Il semble que toute l'activité de la Nouvelle France du XVIIIème siècle se soit concentrée sur eux !
Situation et géographie

p.247    «Située à 30 kms au sud de la grande île de Terre-Neuve par 46°46' de latitude nord et 58°30' de longitude à l'ouest de méridien de Paris, la colonie comprend deux petites îles :
     - «Saint-Pierre. (s) La plus petite île et en même temps la plus méridionale, est Saint-Pierre dont la superficie totale n'atteint pas 25 kms² y compris ses îlots «le Grand-Colombier», «le Petit-Colombier», «l'île aux Chiens», ...
«C'est dans cette île qu'est bâtie la ville de Saint-Pierre, chef-lieu de toute la colonie et reliée à la France par un câble télégraphique.
     - «Miquelon. (s) Au nord-est se trouve Miquelon dont la superficie atteind 215 kms² pour une population de 500 à 600 habitants.
p.248    « Dans toute la colonie, il n'existe qu'une seule baie, celle de Saint-Pierre où il a été possible d'établir un port capable d'abriter de grands navires venant d'Europe. ... Les navires calant plus de trois mètres sont obligés de rester dans la grande rade ; ceux qui ont un tirant d'eau plus faible peuvent, à marée haute, entrer dans le Barachois où 200 goëlettes de pêche appartenant à la colonie trouvent un abris sûr pendant l'hiver.
p.249    «Le sol de ces îles, montagneux dans sa plus grande partie, est entrecoupé de valées, plus ou moins profondes, où viennent condenser les brouillards ... Les végétations qui s'y accumulent les tranforment en tourbières ... Il n'existe aucune source proprement dite ... ce sont les eaux de puie qui viennent alimenter les puits. Dans ces conditions la culture y est à peu près impossible.
p.250    «Bien que la latitude de Saint-Pierre soit sensiblement égale à celle de La Rochelle ou de Nantes, la température moyenne est celle des îles Feroé au Nord de l'Ecosse, avec un climat excessivement humide. L'été y est sans chaleur à cause des brumes. Par contre, l'hivers n'y est pas trop rigoureux ...
Histoire de Saint-Pierre et Miquelon

p.251    «Pendant tout le temps que l'île de Terre-Neuve appartint à la France, aucun essai de colonisation n'y fut tenté, les deux îlots restèrent déserts et nos pêcheurs n'y descendaient que par hasard.
[1713]     En 1713, Saint-Pierre et Miquelon passèrent aux Anglais comme dépendance de Terre-Neuve. La France conservait encore l'île du Cap Breton et le Canada.
[1763]     Par le traité de 1763, le roi de la Grande-Bretagne nous rétrocéda les îlots stériles et déserts de Saint-Pierre et Miquelon à la condition expresse qu'il n'y serait établi aucun ouvrage militaire et que la garnison n'y dépasserait pas 50 hommes.
«Le 14 juillet 1763, le baron de l'Espérance fut chargé d'aller prendre possession de ces îles au nom de la France, et en 1764 et 1765 se fondaient les premiers établissements français qui consistaien en pêcheries.
[1778]     En 1778, lors de la guerre d'indépendance américaine, les Anglais s'emparèrent des îles Saint-Pierre et Miquelon, dont ils détruisirent de fond en comble toutes les habitations ; en même temps, ils forcèrent ses habitants, dont on pouvait évaluer le nombre à 1.200 ou 1.300, à se réfugier en France.
[1783]     p.252    La paix de Versailles du 3 septembre 1783 nous rendit la petite colonie, et cette fois, la cession se fit sans aucune réserve. Les habitants y furent ramenés, les habitations se relevèrent en même temps que l'industrie de la pêche reprenait.
[1792]     La guerre de 1792 vint, encore une fois, détruire les espérances des colons.
[1814]     Le traité de Paris du 30 mars 1814 qui restitua à la France ses pêcheries du «French-Shore» de terre-Neuve, lui rendit en même temps Saint-Pierre et Miquelon que nous n'avons jamais perdu depuis.
[1816]     Le 22 juin 1816, cent vingt anciennes familles saint-pierraises étaient transportées dans nos deux petites îles où elles se répartissent en deux groupes Miquelon et Saint-Pierre.
L'industrie morutière à Saint-Pierre

p.253    «C'est Saint-Pierre qui se développa au point de former aujourd'hui (avant 1920) une véritable petite cité maritime où l'animation est considérable pendant la saison de pêche.
«La seule industrie qui ait pu se développer dans le pays est la pêche et la préparation de la morue ; Le seul commerce est celui du poisson et des approvisionnements des navires de pêche. On transporte à Saint-Pierre du sel, des chaînes, des ancres, des hammeçons, des filets, de l'eau-de-vie, du genièvre, ... On en rapporte de la morue salée, soit verte, soit séchée et de l'huile de foie de morue.
p.255    «Le rêve de tous ceux qui arment pour la pêche est de pouvoir ajouter une goêlette de plus à celles qu'il possède déjà. Ainsi le nombre de ces goëlette atteint-il de nos jours (fin XXème) le nombre de 184.
«On comprend qu'avec une population aussi restreinte que celle de la colonie, le nombre des marins qui y résident ne peut suffire à la composition des équipages ... Il faut donc faire venir de France au début de chaque campagne une moyenne de 2.500 à 3.000 marins.
p.256-157    «Le mode de pêche varie selon les lieux :
      - Sur les bancs, c'est la ligne de fond avec doris,
      - Le long des côtes de Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent, c'est la ligne à la main ou la faux.
      - La petite pêche, qui a son importance, se pratique sur les côtes de la colonie, soit au doris avec deux hommes, soit dans des pirogues avec deux hommes et un mousse.
      - La pêche à la boëte est généralement faite le long des côtes par les marins de la petite pêche ainsi que par les femmes qui s'aventurent dans toutes sortes d'embarcations pour prendre le capelan et l'encornet, aussitôt qu'ils se montrent dans un endroit assez rapproché des centres habités.

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