Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

Extraits de l'étude
«Aspects de la pêche industrielle.» (S)
Travaux de l'Institut Géographique de Reims, n°33-34, 1978. (Ed.1901)
par Philipe FOURNET
(58 pages)


Dans cette page

XVIII - XIX èmes siècles - Rappels
Les mutationd de la première moitié du XXème siècle
La disparition des saleurs
Vers la disparition de la grande pêche traditionnelle
Les causes de la crise
La crise et ses conséquences
Le nouveau visage de la grande pêche française
La grande pêche française face à von avenir
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XVIII-XIXèmes siècles - Rappel

[1783]    p.42-43    «En 1783, lors du traité de Vresailles, la France, alliée à la jeune nation américaine, était en position de force. Son droit exclusif de pêche sur le French-Shore fut confirmé ... A la veille de la Révolution, la Grande pêche sédentaire connaissait toujours un grand dynamisme ...
«Les guerres de la République et de l'Empire provoquèrent la disparition momentanée de cette activité.
[1816]    «A partir de 1816, la pêche morutière se réorganisa mais elle n'eut jamais plus l'importance économique et politique d'avant 1789.
[1904]    «Finalement la France abandonna en 1904 ses privilèges sur cette bande littorale (French Shore), mais obtint en contre-partie le droit de pêcher dans les eaux territoriales d'une bonne partie de l'Île (Terre-Neuve), à égalité avec les Anglais.
«L'extinction progressive de la grande pêche sédentaire au cour du XIXème siècle fut compensée par l'essor de la pêche errante, pratiquée sur le Grand Banc par des goëlettes de 400 tonneaux et surtout par des trois ou quatre mâts de 400 à 500 cents tonneaux, armés dans un petit nombre de ports métropolitains ( Fécamp, St-Malo, Paimpol, Granville, Cancale et La Rochelle).
En 1900, près de 240 navires se livraient à ce type de pêche.
Les mutations de la première moitié du XXème siècle

[1920]    p.42    «Au lendemain de la première gueerre mondiale, le rôle du voilier ne cessa de décroître. Les nouveaux chalutiers à vapeur se révélaient plus rapides et plus productifs : ne ramenaient-ils pas six à neuf fois plus de poisson que les voiliers !
[1930]    A partir de 1930, l'apparition des premiers chalutiers à moteur diésel précipita le déclin des voiliers et bouleversa l'organisation des campagnes de pêche : l'accroissement de la vitesse sur ces nouveaux bateaux raccourcit les voyages et les retours au port furent plus fréquents, à la grande joie des équipages.
«D'autre part, les lieux de pêche se diversifièrent ; les chalutiers exploitaient toujours les fonds traditionnels de Terre-Neuve, mais s'ntéressaient de plus en plus aux parages du Labrador et du groenland.
«La modernisation de la flottille s'accompagna d'une concentration à la fois financière et géographique. La Grande Pêche devint l'affaire de puissantes sociétés installées dans quelques grands ports bien équipés pour accueillir de gros chalutiers. Des ports jadis très actifs comme Grandville, Paimpol et la Rochelle abandonnèrent le «grand métier», ce qui renforça la prééminence de Fécamp et de St-Malo mais aussi de Bordeaux qui, jusqu'alors grand centre de séchage et de négoce, devint à son tour port d'armement à partir de 1920.
[1939]    «En 1939, la flottille de grande pêche comprenait 55 navires, dont 35 chalutiers et 20 voiliers. Réquisitionnée par le Marine Nationale lors du conflit, elle fut en grande partie détruite.
«A la fin des hostilités, les armateurs fécampois, malouins et bordelais, très éprouvés par la perte de nombreux navires, se trouvaient dans l'incapacité de relancer leurs activités. L'Etat décida d'établir un programme de reconstruction de la flotte de grande pêche en prenant à son compte la réparation des bateaux endommagés et le remplacement de ceux qui avaient été coulés.
[1946]    «Dès 1946, 12 chalutiers furent commandés aux chantiers navals français et étrangers. Les nouvelles unités étaient des chalutiers-saleurs de 1500 tonneaux de jauge brute et de 70 metres de long, dotés des derniers perfectionnements techniques : radars, détecteurs à ultra-sons, appareils Décca. ... Certains bateaux étaient même dotés de véritables usines pour la fabrication de farines et d'huile de morue.
[1955]    «En 1955, la flottille rénovée comprenait 35 navires, dont 17 armés à Fécamp, 10 à St-Malo et 8 à Bordeaux.
«Dans le même temps, la production de la morue salée s'accroissait considérablement, passant de 42.000 tonnes en 1948 à 69.000 tonnes en 1955 ... la guerre ayant permis la reconstitution des stocks. La production annuelle d'un saleur variait entre 1.600 et 2.200 tonnes, ce qui représentait une valeur de 160 à 200 millions d'anciens francs. Les équipages profitaient de cette prospérité et se déclaraient satisfaits.
[1967]    «Sur une production nationale moyenne de 50.000 tonnes jusqu'en 1967, la clientèle française absorbait environ 22.000 tonnes essentiellement composées de gros et moyens poissons. Par contre, les petits poissons de moins d'un kilo, au prix très faible, étaient exportés dans les D.O.M. et dans les T.O.M. ...
La disparition des saleurs

[1960]    p.43    «Jusqu'au début des années 60, la grande pêche était uniquement pratiquée par des chalutiers-saleurs, mais leur viellissement et la détérioration du marché de la morue incitèrent les pouvoirs publics et les armateurs à entreprendre une reconversion totale de la flottille en vue de produire de la morue congelée. C'était une rupture complète avecune tradition séculaire basée sur la production de morue salée.
Vers la disparition de la grande pêche traditionnelle

[1968-1971]    p.44-45    «Les difficultés que connaissait la grande pêche depuis 1960 furent révélées par la grave crise de l'industrie morutière en 1968 et s'aggravèrent lors de l'ouverture des frontières de la C.E.E. en février 1971. Pour rétablir la rentabilité de leur profesion, les armateurs, soutenus par l'Etat et les instances communautaires, décidèrent d'accélérer la reconversion de leur flotillle : la «grande pêche salée» était condamnée.
Les causes de la crise

1/ «La plus fondamentale fut la raréfaction du poisson, conséqutive au "overfishing" ... du fait de la multiplication des navires-usines de toutes nationalités ... Du fait de la médiocrité des campagnes, les rendements des chalutiers tombèrent à 1200-1000 tonnes par an, ce qui était insuffisant pour assurer leur rentabilité. A partir de 1965, la production nationale de morue salée demeura toujours inférieure à 50.000 tonnes ...
2/ «La production subit de profond changements dans sa composition : décroissance des gros et moyens poissons qui jouissaient des cours les plus élevés ... Le marché national qui n'absorbait que les grosses morues se trouva insuffisamment approvisionné ... les sécheurs n'obtinrent plus les mêmes bénéfices et n'arrivèrent pas à exporter la masse des petits poissons ... problème aggravé par l'accroissement de la concurence due aux dévaluations successives de la livre sterling (1968 et suivantes) ...
3/ «La protection douanière dont jouissait la morue salée à l'intérieur de nos frontières et qui permettait à notre grande pêche de se maintenir tant bien que mal, ne pouvait se concevoir dans une future Europe des pêches ...
4/ «Il n'était pas question de laisser aux seules sociétés allemandes le monopole de la production de poisson congelé ...
5/ «Pour des raisons de rentabilité et de concurrence dans le cadre communautaire, le Ministère de la Marine considéra, dès 1964, que le salé, aliment désuet, devait être progressivement abandonné au profit du congelé. ... Le salé n'avait plus qu'à disparaître! ... Dès cette date, on envisagea donc une reconversion progressive de la flotte de grand pêche, composée de saleurs peu rentables, en une flotte de navires mixtes, à la fois saleurs et congélateurs, susceptibles de devenir par la suite des congélateurs purs. ...
      Les sécheurs-négociants français ne cessèrent de protester contre cette décision ...
      Les armateurs accueillirent eux aussi avec défiance la nouvelle politique, ...
mais, devant les possibilités offertes par le marché du congelé, beaucoup plus rémunérateur, ils décidèrent de tenter quelques expériences ...
Dès 1962, l'"Armement Pleven" ... les "Pêcheries de Fécamp", les "Chalutiers Maluoins", la "pêche au large" et les "Pêcheries de Bordeaux-Bassens" firent bientôt de même ... Les nouvelles unités donnèrent, dès les premières campagnes, des résultats inespérés (1800 à 2000 tonnes de morue congelée par bateau). Néanmoins, le coût des congélateurs étant très élevés, les armateurs restaient peu enclins à envisager une totale reconversion de leur flottille avant le grande crise de 1968-1972.
La crise et ses conséquences

[1968]    p.45    «Elle éclata brusquement en 1968 lorsque les sécheurs bordelais, dans l'impossibilité d'écouler leurs stocks croissants de petits poissons, décidèrent de baisser leurs prix pour reprendre place sur le marché international. Ils estimèrent qu'ils devaient acheter moins cher aux armateurs et refusèrent de respecter les prix garantis par le Comité Interprofessionnel de la Grande Pêche. ... [les armateurs] durent finalement se soumettre.
La situation fut, d'autre part aggravée par les évènements de mai qui, en coupant plusieurs semaines toutes relations [grèves] commerciales avec l'extérieur, causèrent aux sécheurs des préjudices ... Ce n'est qu'à la fin de l'année que le volume des transactions redevint normal.
[1971]    p.46    «La libération totale des échanges et la suspension du tarif douanier commun pour la morue salée, en février 1971, fit rebondir la crise :
- Le marché national de la morue n'était plus protégé de la concurrence espagnole ou norvégienne,
- La caisse de péréquation qui permettait aux sécheurs de vendre à bas pris sur les marchés extérieurs était supprimée, ce qui provoqua un effondrement de nos exportations (1967 : 20.000 tonnes, 1973 : 3.237 tonnes). ...
«Cette crise eut de nomb reuses répercussions sur le plan économique et social
- Les armateurs ... se débarrassèrent de leurs vieilles unités ... Cette vérit ble liquidation de la flottille traditionnelle posa peu de problèmes d'emploi grâce à la mise en service de nouveaux congélateurs et à la pratique de rotation des équipages. ...
- La production de lamorue salée est devenue dérisoire ...
[1975]    «Pour 1975, elle ne correspond même pas aux prévisions du 6ème plan qui tablait sur des apports de l'ordre de 10.000 tonnes
1975 : Nombre de saleurs : 2, Production : 4.006 tonnes, Pris moyen/kg : 5,68frs

«L'industrie de séchage à mal résité à cette brutale mutation de l'armement malgré les aides ... Les deux tiers des entreprises bordelaises ont dû fermer leurs portes par manque de matières premières. Celles qui subsistent n'emploient qu'une centaine de personnes.
«Les sècheries encore en activité à Fécamp et à Bordeaux - une quinzaine - traitentent de plus en plus de morue verte provenant d'Espagne et surtout de Norvège. Elles ont importé 11.400 tonnes en 1973
«Malgré l'importance de ces achats, la production des sècheries ne cesse de regresser (45.000 tonnes de morue verte traitées en 1967 ... 22.000 en 1973) et ne peut plus approvisionner normalement un marché rema rquablement stable qui ... est toujours de 22.000 tonnes pour la France et de 8.000 tonnes pour les D.O.M. - T.O.M. ... ce qui aggrave le déficit de la balance commerciale des propduits de la mer ...
Le nouveau visage de la Grande pêche française

[1978]    p.47    «La grande pêche française présente à l'heure actuelle (1976, date de parution de cette étude) toutes les caractéristiques d'une activité maritime de pointe - importante mobilisation de capitaux, appel à une technologie de pointe, rémunérations élevées - mais elle n'en demeure pas moins très dépendante de la conjoncture nationale et internationale.
«Renforcement des structures capitalistiques :modernisation et concentration
«La flotte de grande pêche se compose de 17 congélateurs et semi-congélateurs. Ces bateaux sont presque tous de de construction récente ... longueur 80 à 90 mètres, ... jauge brute entre 1.700 et 2.400 tonneaux, ... moteurs de 3.400 à 4.200 CV, ... vitesse de 15 à 16 noeuds, ... moyens de capture très perfectionnés, sondeurs, chaluts pélagiques (S), chalutage par l'arrière ...
Véritables usines flottantes, ces navires transforment le poisson en produits de plus en plus élaborés ...

«La construction de ces congélateurs a impliqué une mobilisation importante de capitaux (10 à 20 miullions de fancs) , ce qui n'a pu se faire qu'avec l'aides des pouvoirs publics ... (à partir de 1972, l'aide communautaire s'est élevée à 25% du prix des navires, contre 3% pour celle de l'état). Il n'empêche que les armements ont dû fournir l'essentiel de l'effort et se sont lourdement endêtés ...
«Actuellement, seules une demi-douzaine de sociétés arment encore à la grande pêche. Elles se répartissent entre Bordeaux, St-Malo et Fecamp.
La grande pêche française face à son avenir
p.54                                                                                                            Page en préparation

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