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Michel Perrin - Mes maquettes    :    Persée

Annexe

«Un poisson à la conquête du monde»
«La fabuleuse histoire de la morue»

Marc Kurlansky


Dans cette page

Terre-Neuvas et Islandais
       Un dur métier
       Naufrages et Disparus en mer
       Les enfants de Terre-Neuve
Ils ont fait la «Grande pêche»
       Les Normands
       Les Vikings
       Les Basques
       Les Britaniques
       Les Scandinaves
       Les Islandais
       Les Terre-Neuviens
       Les Français
La Morue et sa pêche
       Gadus morhua
       Les lieux de reproduction
       L'abondance
       Les lieux de pêche
       Evolution des techniques de pêche
       Les techniques de conservation
Une ressource jugée éternelle
       La pêche intensive
       Le constat
       Zone des deux cents milles
       Le moratoire canadien
       Limitation de la pêche en Islande
       Les dangers de l'aquaculture et de la pisciculture       
       La surpêche
Illustrations
Cette page est un sous-ensemble du feuillet
« Persée »
dans le site
«Michel Perrin - Mes maquettes»

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Terre-Neuvas et Islandais

Un dur métier :


p.129   Les Bancs   «Les Bancs sont perfides. On y trouve des fonds de quatre-vingt brasses, mais aussi de quinze ou vingt, voire moins. Parfois, lorsque le temps est à la tempête, les rochers transpercent la surface. Les glaces flottantes détachées du Groenland et de l'Arctique dérivent vers le sud.

p.130   Le Froid   «Durant tous ces siècles, les hommes sont sortis dans l'Atlantique Nord tandis que le vent de l'Artique gelait les embruns sur le gréement, métamorphosant les lignes en colonnes de glace épaisses d'un pied, rendant les bateaux instables à cause du poids du givre sur le bord au vent. Il falait casser la glace dans les superstructures pour éviter de chavirer...
«Les pêcheurs doivent haler leurs lignes dans ces conditions...
«La pêche est dure pour les mains : il arrivait souvent que les hommes perdent un doigt, une phalange, à cause d'une gelure, d'une arête sur la ligne ou d'un engin de bord. Invariablement, leurs mains se couvraient de profondes coupures qui s'infectaient.

p.131   Le Brouiilard   «L'un des pires ennemis des pêcheurs de morue ... fut le brouillard. Parceque les territoires de ces poissons s'étendent au confluent de courants chauds et froids, le brouillard y est commun. Il peut devenir si épais que la proue d'un bateau de vingt-cinq mètres devient invisible depuis le milieu de la coque. Les bateaux dérivaient dans une masse grise sans formes...

p.132   Les Dorissiers   «Mais le danger principal concernait les équipiers des doris : des esquifs non pontés, longs d'une vingtaine de pieds. Leurs équipiers - parfois nommés «dorissiers» - manoeuvraient à la rame, occasionnellement à la force du vent...
pe mar dorissier.png

p.133 «Ils tentaient de pêcher jusquà ce que leur canot déborde de morue. Mais plus ils prenaient de poissons, moins leur embarcation tenait la mer... «Nombre d'entre eux se noyaient, mouraient de faim ou périssaient de soif, perdus dans le brouillard, en sillonant une mer vide à la recherche de leur bateau d'attache...
p.136 «Lorsqu'ils revenaient à bord du gros bateau, ils devaient encore nettoyer leurs morues. Il fallait couper la tête, ouvrir le ventre, mettre le foie de côté - parfois avec les oeufs, les vessies, les gorges et d'autres morceaux - ... Après quoi il fallait encore le saler. Avec beaucoup de chance, le pêcheur dormait quelques heures ...

p.131   La Survie économique   «Cependant, la pêche constitue une lutte constante pour la survie économique. Chaque homme travaille pour des parts de capture. Quiconque ne tient pas le coup, fût-ce à cause d'une blessure ou de l'âge, est rejeté de la pêcherie.

Naufrages et Disparus en mer


p.66   [1530-1600]: «A la Renaissance - entre 1530 et 1600, l'ambition européenne précédait de trop loin la technique du temps. Jusqu'à ce que de meilleurs bateaux et une meilleure navigation fussent disponibles, les naufrages et les disparitions restèrent un ingrédient ordinaire de l'aventure.
p.134 «On ne perdit pas que des doris. De grands bateaux allèrent par le fond. John Cabot (1450-1498) (w) avait été le premier d'une longue série.

p.134   [1800...]: «Le nombre de pêcheurs de Gloucester “(ville du sud-ouest de l'Angleterre)“ perdus en mer entre 1830 et 1900, soit trois mille huit cents, dépasse de soixante-dix pour cent celui de tous les Américains disparus lors de la guerre de 1812. Or Gloucester ne compte qu'environ quinze mille âmes.

p.135   Dangers de la modernisation   «Avec la modernisation de la pêche, les pêcheurs sombrèrent moins souvent dans leurs doris, mais furent coincés par des treuils électriques qui leur servaient à haler rapidement les câbles, ou heurtés par les portes des chaluts qui balayaient le pont, ou encore écrasés par des enrouleurs...

p.136   Taux d'accident   «Les pêcheurs ont le taux d'accident le plus élevé de tous les travailleurs des pays de l'Atlantique Nord. l'une des raisons de cette proportion élevée d'accidents est que les pêcheurs ont toujours pris très peu de repos. Quand les captures étaient bonnes, ils travaillaient un jour ou deux sans dormir...

p.135   Croyances religieuses   «Les ports qui envoyaient des flottes sur les Grands Bancs observaient des cérémonies religieuses avant le début de ce qu'on appelait la «campagne». A Saint-Malo, à la fin février, quinze jours avant que les Terre-Neuvas ne prennent la mer, le cardinal de Rennes venait dire la messe sur le port devant la flotte rassemblée. On jetait une gerbe à la mer pour honorer la mémoire des disparus des campagnes précédentes.

Les enfants de Terre-Neuve


p.20   La pêche avant l'école   «Enfants partaient chaque matin, avant l'aube, pêcher avec leur père. Ils revenaient à la côte à midi pour aller à l'école - sauf si la menace d'un nuage noir les contraignait à se précipiter vers le port et les claies où la morue séchait, afin de retourner le poisson peau dessus pour le préserver de la pluie...
p.21 «Tous se souviennent de la pêche en hivers. «Seigneur ! dit Bernard. Dehors sous la neige, la ligne à la main ... On s'engourdissait. On n'avait que de la laine : pas tous ces habits modernes. S'il y en avait, nous l'ignorions...

Ils ont fait la «Grande pêche»

Les Normands


p.33 [800...]: «Dès le IXème siècle, même avant l’époque d’Erik le Rouge, les Normands avaient créé des installations de production de morue séchée en Islande et en Norvège, et vendaient leurs surplus dans le nord de l’Europe...
 

Les Vikings

    p.31 [900...]: Découverte du GroenLand «Au Xème siècle, Thorwald et son fils, Erik le Rouge, ... prirent la mer depuis la côte de lave noire de l’Islande ... Sur un petit bateau non ponté ... à la voile et à la rame, le modeste équipage réussit à gagner une terre de glaciers et de rocs. Erik espérait coloniser cette terre. Il tenta de la rendre plus attrayante en la nommant «Groenland».
  • pe h Bateau viking

  • p.32 Découverte du Labrador et de Terre-Neuve «Son fils ... Leif Eriksson fit voile vers un lieu qu’il appela «Stoneland» (Pays de la Pierre), et qui était probablement la côte rocheuse et désolée du Labrador...
    «Puis les hommes de Leif mirent le cap vers le sud ... le «Woodland» et le «Vineland». Le «Woodland» peut avoir été Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse ou le Maine, ...
    «Ce n’est pas une coïncidence si c’est précisément là le domaine de la morue atlantique...

    p.33 Pêcher et Conserver la morue «Comment les Viking réussirent-ils à survivre dans un Groenland ?... «Comment eurent-ils assez de provision ?... «Parce qu’ils avaient appris à conserver la morue en la suspendant dans l’air glacé de l’hiver jusqu’à ce qu’elle perde les quatre cinquième de son poids, ... Ils en cassaient des morceaux et les mâchaient comme des biscuits de mer.

Les Basques

    p.31 [Moyen-Age]:
  • pe h Baleine.jpg
  • «Au moyen-âge, quand les Européens mangeaient de grandes quantités de viande de baleine ; les Basques voyagèrent au loin sur des eaux inconnues, et rapportèrent de la baleine. Ils purent couvrir de telles distances parce qu’ils avaient localisé d’énormes bancs de morue, et qu’ils salaient leurs prises, obtenant ainsi des vivres nourrissants qui ne se gâtaient pas lors des longues campagnes.

    p.34 Le salage «A la différence des Vikings, les Basques avaient le sel ; et, parce que le poisson salé avant d’être séché résiste plus longtemps, ils purent voyager encore plus loin que les Vikings. Ils avaient un autre avantage, plus un produit est durable, plus le commerce en est facile. Vers l’an 1000, les Basques avaient notablement agrandi le marché de la morue, devenu un vrai marché international, bien plus vaste que l’aire nordique de l’animal...
    p.36 «Pour les pauvres, qui n'avaient que rarement les moyens d'acheter du poisson frais, c'était un régime à la fois bon marché et d'excellente qualité...
  • pe h Pays basque

  • Les jours de la morue salée «Le catholicisme fut pour les Basques une véritable aubaine. L’Église médiévale imposa des jours de jeunes au cours desquels les relations sexuelle et la consommation de viande furent prohibées, mais les repas d’aliments «froids» étaient permis. Parce que le poisson venait de l'eau, il était jugé froid... Au total, la viande était pratiquement interdite la moitié des jours de l’année. Ces jours de jeune devinrent en réalité jours de morue salée... Les Basques s'enrichirent chaque vendredi... “(Voir : «La Colonisation basque des Amériques» (w))“

    p.244 [De nos jours]: «Lorsque la limite des deux cents milles fut imposée, les Basques perdirent la plupart de leurs accès traditionnels aux bancs de morue. En 1986, à l'époque où l'Espagne entra dans la Communauté européenne, les eaux de la C.E.E. n'hébergeaient presque plus de gadiformes. En 1990, seuls quelques très vieux chalutiers furent armés pour la pêche à la morue dans les ports basques. ... les Basques changèrent de rôle : au lieu de débarquer et de traiter leur propre morue, ils se firent importateurs. ...

La Nouvelle-Angleterre.

    Les Pélerins du «Mayflower» (w)
    [1620]: p.82
  • pe h mayflower.jpg
  • De toutes les invraissemblables histoires à succès américaines de cette époque, aucune n'est plus improbable que celle des Pélerins du Mayflower. (yt-1h26)
    «Ils mirent à la voile pour préserver leur religion ...
    «Pourquoi les Pélerins manquèrent-ils mourir de faim dans l'un des plus riches lieux de pêche jamais connus ?
    [1622]: p.83 «Une partie du problème fut que les colons continuères d'affluer : trente-cinq la deuxième année, puis soixante-sept en 1622. Ces gens avaient en commun le zèle religieux. Non seulement ils ne savaient pas pêcher, mais ils ignoraient tout de la chasse et étaient de médiocres fermiers. ...
    «Circonstance aggravante, étant Anglais ils refusaient de manger tout aliment qui ne leur était pas familier.

    Premières installations
    [1623]: p.84-85 «En 1623, ils fondèrent une station de pêche à Gloucester, qui fit faillite ... «Ils se retournèrent vers l'Angleterre pour obtenir des équipements et des conseils ... «Ils devinrent peu à peu pêcheurs. Des stations furent installées à Salem, Dorchester, Marblehead, ainsi que dans la baie de Penobscot.

    Le Sel
    [1638]: p.85 «Les colons commercèrent avec le port basque espagnol de Bilbao, et bientôt en revinrent avec du sel d'Espagne dans leurs cales. Ils commercèrent aussi avec les colonies sucrières des Indes occidentales et, dès 1638 un navire rapporta du sel de l'Île de la Tortue. Grace à ces échanges, les collons de Nouvelle-Angleterre résolurent le problème du sel auquel les Britanniques n'avaient jamais été capables de donner une solution diplomatique...

    La Nouvelle-Angleterre (w) “(six États : Maine, Massachusetts, New Hampshire, Vermont, Rhode Island et Connecticut )“.
  • pe h NouvelleAngleterre.png

  • [1640]: p.86 «En 1640, la colonie de la baie du Massachusetts mit trois cent mille morues sur le marché ...
    p.90 «Les habitants de la Nouvelle-Angleterre devinrent un peuple commerçant, indépendant, prospère - et plein de ressentiment contre les monopoles -. Tandis que les planteurs de canne à sucre des Indes occidentales faisaient fortune sur un marché protégé, les gens de Nouvelle-Angleterre s'enrichissaient dans le capitalisme libéral. ... Les pêcheurs eux-même étaient des entrepreneurs indépendants, travaillant non pour un salaire, mais comme ils le font encore dans une grande partie du monde, pour une part des prises.
    [1700...]: p.94 «Au XVIIIème siècle, la morue avait élevé la Nouvelle-Angleterre du statut de lointaine colonie misérable à celui de puissance commerciale internationale.
    [1740]: p.112 «Vers 1740, la Nouvelle-Angleterre commerçait davantage avec les Carïbes qu'avec l'Angletrre. “(Une conséquence de l'explosion de ce commerce fut l'acceptation implicite de l'esclavage. Mais ceci est une autre histoire.)“ 
    [1776-78]: p.94 «Le Massachusetts avait hissé la morue de l'état de denrée, à celui d'emblème ... Nombre des premières pièces de monnaie américaines, frappées entre 1776 et 1778, représentaient une morue. Dés 1755, un timbre fiscal two-penny de la colonie arborait une morue et ces mots : «Spécialité du Masachusetts».

    p.90 «La couronne britanique n'avait jamais eu l'intention d'octroyer autant de liberté. Elle se retrouva bientôt avec une colonie qui n'avait plus besoin d'elle. Un dangereux précédent, en plein coeur de l'empire...

    Vers l'indépendance des treize colonies anglaises d'Amérique (1775-1783) (s) - (w) - (yt-12mn), ...
  • pe h TreizeColonies.png

  • [1733]: p.106 «La Couronne britannique, après avoir laissé les colons de la Nouvelle-Angleterre goûter le libre échange pendant plus d'un siècle, décida en 1733 de réguler le négoce de la mélasse. Elle y vit un premier pas pour réassoir son contrôle sur le commerce mondial. Au lieu de quoi, la mesure se tranforma en un premeir pas involontaire vers le démentèlement de l'Empire britanique.
    [1760-75]: “(De nombreuses maladresses de la part de la couronne américaine (1760 Acte sur le sucre, 1765 Acte sur le timbre, Acte Townsend, 1774 fermeture du port de Boston, 1775 Acte de restrictions, ... ) poussèrent les colons à prendre l'offencive.)“

    p.115 «Les schooners (w) de Gloucester “(Sud-ouest de l'Angleterre)“ furent équipés d'artillerie.
  • pe h schooner.jpg

  • p.116 «Rien qu'en 1776, les schooners privés arraisonnèrent trois cent quarante-deux vaisseaux britaniques.
    p.116 «En 1778, trois ans après le début des combats, ... Les pourparlers commencèrent à paris.
    p.110 «La révolution américaine fut le premier grand mouvement anticolonialiste. Mais dans l'esprit de ses acteurs les plus irréductibles (les radicaux de la nouvelle angleterre), la manifestation centrale de cette liberté fut la capacité de prendre leurs propres décisions pour leur propre économie.

    Vers la guerre de cessession (1861-1865) (s) - (w) - (yt-13mn) ou (yt-44mn)
    “(Près de cent ans après la guerre d'Indépendance, ce sera la guerre de la cessession dont on dit que l'une des causes fut une divergence de vue sur la pêche à la morue)“ : p.117 «A la fureur des représentants des colonies du Sud, lors des négociations avec les Britanniques, Adams passa des dispositions écrites selon lesquelles les droits sur les bancs de pêche ne pouvaient être abandonnés sans l'approbation du Massachusettts. Ce fut la cause d'une des premières fissures Nord-Sud aux Etats-Unis. Les Sudistes se plaignirent que les intérêts de neuf des treize Etats fussent sacrifiés «au profit des mangeurs et distillateurs de mélasse» des quatre autres...

Les Britaniques


[1480]: p.38 «Dans les années 1480, un conflit couva entre les marchands de Bristol et la ligue hanséatique (w).
p.39 La Ligue avait le monopole du commerce du hareng de la Baltique. Au XVème siècle, elle tenta de s'emparer de celui de la morue sèche devenue une production importante à Bristol. “(Ce confict amena certains personnages de la ville à rechercher de nouvelles sources d'approvisionnement : )“ «John Jay, ... croyait que, quelque part dans l'océan Atlantique, il existait une ïle appelée «Hy-Brasil» ... En 1480, il envoya un premier bateau à la recherche de cette terre... Ils n'annoncèrent pas la découverte du «Hy-Brasil». (w)
[1490]: p.39-41 «Leurs marins trouvèrent assez de morues pour que, en 1490, lorsque la Ligue leur offrit de renégocier ... ils ne se montrèrent pas plus intéressés que cela.
D'où venaient leurs morues ? Elles arrivaient sèches à Bristol ! Les pêcheurs gardent leurs secrets, ...
[1497]: Plus tard, en 1497, cinq ans après que Colomb eut trouvé les Caraïbes par hasard, Giovanni Caboto (w) partit de Bristol, dans l'espoir de découvrir la route que Colomb avait ratée. En juin 1497, après seulement trente-cinq jours de mer, Cabo aperçut une terre qui n'était pas l'Asie. C'était une vaste côte rocheuse, “(La Nouvelle-Angleterre).)“ idéale pour sécher le poisson, et jouxtant une mer qui regorgeait de morues.
[1624]: p.83 «En 1624 cinquante navires de pêche britanniques travaillaient près de la côte.
“(Ils séchaient leur poisson ; ils ne produisaient pas de sel en quantité suffisante pour conserver durablement du poisson salé-séché.)“ 

Les Scandinaves. (w)

  • pe h Scandinavie.jpg

  • p.123 «Quelque neuf cents ans après que les Basques eurent remporté la compétition contre les scandinaves en salant la morue plutôt qu'en se contentant de la sécher à l'air, les Scandinaves redevinrent compétitifs en perfectionnant les techniques de salage.
    La Norvège et le Danemark, qui contôlaient l'Islande et les îles Feroë, s'introduisirent avec énergie sur les marchés méditerranéens de haute qualité et y demeurèrent implantés.

Les Islandais (w) ou (w)

    p.167
  • img/pe h IslandeCarte.png
  • «L'Islande est une île incrustée de lave, bordée de ports superbes, profonds, abrités dans les recoins de longs fjords. Les bases de pêche ne sont pas forcément des havres, mais parfois de simples points de côte ouverts sur le large. Jusqu'aux premières décennies du XXème siècle, le principal bateau de pêche islandais était la barque à rames non pontée... «Chaque bateau pouvait avoir jusqu'à douze rames, mais plus souvent quatre ou six. Un homme par aviron.
    p.168 «A la fin du XVIIIème siècle, tandisque la Nouvelle-Angleterre et Terre-Neuve exportaient jusqu'à vingt-deux mille tonnes de morue par an, l'Islande était à moins de mille.
    La plupart des Islandais étaient des fermiers, mais beaucoup d'entre eux, surtout dans le sud et l'ouest, gagnaient davantage grâce à la pêche, entre février et avril, que grâce à l'agriculture pendant le reste de l'année.

    [1944]:
    p.178 “(L'Islande était sous domination du Danemark jusqu'en 1944, date à laquelle elle acquiert sa complète indépendance.)“

    La pression étrangère
    [1763]: p.171 «Après avoir perdu leurs posséssions américaines, en 1763, les Français commencèrent à travailler intensément dans les eaux islandaises.
    [1768]: p.171 «En 1768, à son apogée, la flotte hollandaise envoyait cent soixante bateaux pêcher près de l'Île.
    [1855]: p.170 «... en 1855, quand les Danois acceptèrent de lever leur interdiction du commerce extérieur, les Islandais commencèrent à apprendre à saler la morue, et gagnèrent une place sur les marchés de qualité d'Espagne et de Portugal.
    [1890]: p.171 «Lorsque les Britanniques revinrent, dans les années 1890, ce fut le début d'une dispute de quatre-vingts ans... «Les nouveaux navires britanniques - énormes, puissants et faits d'acier - venaient en foule sur ce banc resserré, endommageant les filets et les lignes des pêcheurs locaux.

    Le réveil Islandais
    [1905]: p.172 «Les premiers chalutiers achetés par les Islandais - de construction britannique - furent livrés en 1905.
    [1915]:
  • pe drapeau Islandais
  • «En 1915, l'Île possédait déjà une flotte du vingt de ces bateaux d'aciers ...
    p.173 «Les chalutiers firent plus qu'augmenter la capacité de pêche de l'Islande. Ils provoquèrent un changement radical dans cette société préindustrielle de soixante-dix-huit mille sujets, dont la plupart étaient jusqu'alors des paysans qui gagnaient à peine de quoi survivre. Ceux qui acquirent des chalutiers devinrent les premiers capitalistes du pays. La morue créa, en Islande, une classe d'entrepreneurs, de la même façon qu'elle l'avait fait en Nouvelle-Angleterre dans les années 1640.
    [1914-1918]: p.174 «Aujourd'hui, les historiens pensent que, sans le répit des quatre années dû à la Première Guerre mondiale, les réserves islandaises eussent été très vite réduites à l'état de celles de la mer du Nord.
    [1939-1945]: p.177 «La Seconde Guerre mondiale entraîna un sursis pour les réserves déclinantes de morues ... p.178 «Lorsque la guerre s'acheva, l'Islande était un pays transformé. La mutation la moins importante ne fut pas la négociation, en 1944, de la complète indépendance de l'Île vis-à-vis du Danemark. Le pays pouvait désormais traiter librement avec le reste du monde. A cause de la morue, il était passé, en une génération, d'une société de type colonial du XVème siècle, à une nation moderne d'après guerre.
    [après la guerre] «La Grande-Bretagne n'avait plus de flotte de pêche : l'Islande fournit les marchés - non seulement britanniques, mais mondiaux. Pendant six ans,, l'Île devint le seul pays de pêche important d'Europe du Nord.

    1ère guerre de la morue - La zone des douze Milles.
    [1958]: p.184 «En 1958, l'Islande étendit sa limite territoriale à douze milles.
    p.185 “(Lettre de protestation du gouvernement britanique : )“ «Le gouvenement de sa magesté se refuse à croire que le gouvernement islandais pourrait user de la force contre les bateaux de pêche britanniques, en vue de faire respecter ce décret unilatéral qu'une fraction de la coalition gouvernementale prétend adopter sans tenir compte du droit international... Ainsi débuta ce que la presse britannique baptisa «La guerre de la morue»

    2ème guerre de la morue - La zone des cinquante Milles.
    [1971]: p.187
  • img/pe h IslandeZones.png
  • «En mars 1971, l'Islande déclara qu'à la date butoir du 1er septembre 1972, elle étendrait sa limite de pêche à cinquante milles.
    «Les Britanniques et les Allemands de l'Ouest, ... élevèrent des protestations véhémentes et saisirent la Cour internationale de justice sur ce qu'il appelèrent «une violation du droit international...
    p.188 “(La guere était déclarée)“ «Le garde-côte “(Islandais)“ approchait le chalutier étranger pour informer son capitaine qu'il violait la loi islandaise et qu'il était prié de quitter la zone des cinquante milles. Si le capitaine refusait, le garde-côte manoeuvrait. Selon un angle précis, ... il croisait son sillage par l'arrière et déployait cette fameuse «arme secrette» : un coupeur de cable de chalut ... Au cours de ce conflit d'un an, quatre-vingt-quatre chalutiers furent ainsi amputés de leur instrument de travail ...
    [1973]: p.187 «Le 18 mars 1973, un canonnier islandais tira cinq obus offensifs dans l'étrave d'un remorqueur britannique ... “(Escalade)“ ... Le gouvernement islandais fit preuve d'une dureté choquante. Il refusa d'autoriser les marins britanniques blessés ou malades à débarquer sur son territoire, sauf s'il y arrivait sur son propre navire - ce qui signifiait la capitulation de ladite unité ...

    3ème guerre de la morue - la Zone des deux cents milles.
    [1974]: p.191
    «En 1974, malgré l'institution des limites des cinquante milles, les réserves de morues des eaux islandaises semblèrent à nouveau affectées...
    [1975]: «Une fois de plus, le 15 octobre 1975, arguant de la diminution des stocks et de la nécessité d'instituer des mesures de protection pour les morues, l'Islande étendit son domaine à deux cents milles.
    «Une fois encore, tous les chalutiers étrangers acceptèrent de sortir de la nouvelle zone, à l'exception des Britanniques et des Allemands de l'Ouest ... Ce fut la plus courte et la plus minable des guerres ... En cinq mois, on compta trente-cinq incidents d'éperonnage, tandis que les garde-côtes islandais tranchaient quarante-six chaluts britanniques et neuf allemands...

    Le Droit international.
    “( «Eaux territoriale (w),    «Délimitation maritime (w),    «Convention des Nations unies sur le droit de la mer (w) )“
    [1976]: p.193 «Le monde entier se tournait vers la zone des deux cents milles...

Les Terre-Neuviens (w) (s).


Terre-Neuve, dixième province du Canada.
    p.203 «On compare inévitablement l'Islande et Terre-Neuve. Ces deux îles de l'Atlantique Nord sont à peu près de la même taille, quoique le demi-million d'haitants de Terre-Neuve vaille deux fois la population de l'Islande.
    [1948]: p.204 «En 1948, les Britanniques supervisèrent un référendum dans lequel Terre-Neuve vota, à une faible majorité, pour devenir la dixème province du Canada (w).
  • pe h Canada Terre-Neuve 1
  • pe h Canada Terre-Neuve 2

  • «Parce qu'ils formèrent une province d'un immense et riche pays, les Terre-Neuviens ne dépendèrent plus de leurs pêcheries pour exister.

    Vers une activité économique viable pour Terre-Neuve.
    [1977]: p.205 «Lorsque la limite des deux cents milles fut instituée, en 1977, le gouvernement canadien entrevit une chance de faire de la pêche une assise économique viable pour Tere-Neuve.
    p.207 «Les Français détenaient encore Saint-Pierre et Miquelon. “(Tandis que les Espagnols et les Portugais n'ayant pas de port sur les côtes canadiennes se trouvent exclus des zones de pêche)“
    [1987]: p.208 «Dix ans après que la limite des deux cents milles eut été instituée, l'année qui suivit la fermeture des ports aux étrangers, l'Etat canadien put proclamer qu'il avait pris possession de ses bancs. Il voulut transformer ses pêcheries atlantiques en un secteur excédentaire de l'éconmie nationale. On vit un accroissement significatif du nombre des pêcheurs et de celui des emloyés dans les usines de transformation.

    Constat de pénurie . . 
    «Tandis que la nouvelle pêche auturière canadienne prospérait, les pêcheurs côtiers voyaient leur captures s'efondrer.
    p.209 « . . le débat devint progressivement plus aigre. D'un côté, il y avait les pêcheurs côtiers ; de l'autre, l'Union des pêcheurs, le personnel des chalutiers, les sociétés de produits marins, et le gouvernement... «Les petites usines à poissons locales subissaient des banqueroutes chroniques.
    p.211 «En vérité, les prises “(Hauturières)“ croissaient non pas en raison de l'abondance du poisson, mais parce que l'efficacité des chalutiers modernes permet de localiser les derniers secteurs où il reste des bancs, et de les nettoyer.
    [1990]: p.204 Dans les années 1990, l'Etat canadien dépensa trois dollars pour entretenir sa pêche, chaque fois que celle-ci en rapportait un.

    moratoire sur la pêche . . 
    [1992]: p.213 «En juillet 1992 il “(le ministre canadien des Pêches)“ revint pour annoncer un moratoire sur la pêche, pour l'ensemble des peuplements de morues du nord-est, et qui mettrait trente mille pêcheurs au chômage.
    [1994]: «En janvier 1994, le nouveau ministre ... annonça une extension dudit moratoire. Toutes les pêcheries de morue de l'Atlantique canadien seraient fermées, à l'exception d'une seule, au sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse.
    p.215 «Certains “(pêcheurs)“ se mirent à capturer le lompe (w) “(pour ses oeufs)“ ... d'autres pêcheurs côtiers se tournèrent vers le crabe qui avait été très lucratif, ou encore vers le homard. On fit des expériences de récoltes de buccin “(bulot)“ ... pour l'exportation. Mais aux yeux des professionnels des Grands Bancs, c'étaient là des formes d'activité subalterne. La plupart des marins se contentèrent de mettre le sac à terre et d'attendre... «A présent ils sont tous partis. Le front de mer s'emplit de bars, de restaurants et d'échoppes pour touristes...
    «Entre temps, on découvrit du pétrole sur les Grands Bancs ... et ... “(on se tourne maintenant vers l'aquaculture et la pisciculture.)“

Les Français

    Au Moyen-Age
    [1510]: p.64 «Les Bretons et les Normands eurent l'avantage de disposer de la proximité de deux excellents marchés de l'époque, Rouen et Paris. En 1510, la morue salée était devenue le produit principal de l'actif marché de Rouen...
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  • A la Renaissance
    [1550]: p.64 «Au milieu du XVIème siècle, soixante pour cent du poisson consommé en Europe était de la morue. Ce pourcentage allait rester stable au cours des deux siècles suivants...
    [1524]: p.78 «Avec le renfort des marchands de soie lyonnais, le roi de France “(François 1er, à la recherche de la route de la soie et des épices)“ envoya un florentin, Giovanni da Verrazzano, (w) chercher vers l'ouest une route plus courte vers la Chine... Au cours de ce voyage de 1524, Verrazzano cingla vers le Nord, en suivant une côte interminable à partir du cap Fear, dans l'actuelle Caroline-du-Nord...

    La Nouvelle-France (w)
    [1534]: p.41 «Plus tard (1534), vint Jacques Cartier (w),
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  • qui fut crédité de la découverte de l'estuaire du Saint-Laurent. Le Malouin planta une croix (yt-11mn) dans la pénisule de Gaspé et revendiqua le tout pour la France. Il nota, au passage, la présence de mille bateaux de pêche basques.
    Les Basques, désireux de garder leurs chers secrets, n'avaient jamais rien revendiqué pour personne ! ...
    [1550]: p.64 «La Rochelle devint le premier port de pêche terre-neuvas d'Europe. Entre le premier voyage de Cabot [1497] et 1550, sur cent vingt-huit missions à Terre-neuve, plus de la Moitié partirent de La Rochelle...
    Les Français en général dominèrent cette époque, puisqu'ils armèrent quatre-vingt-treize de ces cents vingt-huit expéditions.

    L'avantage pour la France de produire son sel soit même :
    p.70-71 «... l'impôt français sur le sel - la gabelle (w) - était prodigieusement détesté, et fut un des griefs qui conduisit à la révolution française...
    «Les marchands français de Terre-neuve remplissait pourtant leurs cales avec du sel légal et de bonne qualité qui constituait un excellent balast ... Ils revenaient avec, dans leurs soutes, des morues à la place du sel...
    «Le sel était un privilège breton. Selon le traité [1532]: (w) par lequel le duché de Bretagne fut rattaché à la France, les Bretons furent exemptés de la gabelle...

    La guerre de sept ans (w) et la perte de la Nouvelle-France (w)
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  • [1756-1763]: p.102 «La guerre de Sept Ans, connue aux Etats-Unis sous le nom de «Guerre française et indienne... fut le premier conflit mondial de l'histoire ...
    [1759]: p.102 Le 13 septembre 1759, la Nouvelle-France fut perdue en vingt minutes, lorsque le général britannique James Wolfe escalada les falaises qui menaient à la forteresse de Québec (yt-1h49mn) et surprit la garnison française commandée par le général Louis de Montcalm ...
    [1763]: p.103 «En 1763, ils “(les Britanniques)“ décidèrent d'ôter à la France la totalité de ses possessions d'Amérique du Nord sauf deux îles minuscules de la côte Sud de Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon.
    La France garda la Guadeloupe mais perdit le Canada ; conserva ses colonies esclavagistes mais perdit ses pêcheries.
    p.171 «Après avoir perdu leurs possessions américaines en 1763, les Français commencèrent de travailler intensément dans les eaux islandaises. Ils continuèrent jusqu'à la Première Guerre mondiale.
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  • Saint Pierre et Miquelon (w)
    [1778]: p.116 «En 1778 “(Lors des pourparler de Paris)“ , la position de la France consista à soutenir que toutes les nations avaient droit à la haute mer, mais que les fonds côtiers devaient rester la propriété des maître du rivage adjacent. Les petites îles de Saint-Pierre et de Miquelon permettaient à la Fance de figurer parmi ces propriétaires.

    A l'heure actuelle, à cause de ces minuscules possessions, les Français peuvent encore revendiquer un droit de pêche dans une bande des eaux canadiennes.

La Morue et sa pêche

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Gadus morhua     (s)

p.44 «Le héros, Gadus morhua n'est pas un joli garçon. Il est bâti pour survivre. Fécond, insensible à la maladie et au froid, se nourrissant de tout ce qui se mange ... Croissant en eau peu profonde, près des côtes, il fut le parfait poisson commercial. Les Basques avaient localisé ses bancs les plus riches.
p.18 «Les morues de Terre-Neuve et du Labrador, connues sous le nom de « population nordique... sont de jolis poissons à taches léopard ambrées sur fond vert olive, le ventre blanc et une longue bande claire profilée entre le dossous pâle et le dessus tacheté. Bien plus belles que celles de la population islandaise, jaune sur brun ...
p.50 « Au sens large, les morues incluent dix familles et plus de deux cents espèces. Presque toutes vivent dans les eaux salées froides de l'hémisphère nord...
p.52 «Pour les pêcheurs professionnels, seules comptent en réalité cinq sortes de «gadiformes» (w) : la morue de l'Atlantique, l'églefin, le lieu, le merlan et la merluche...

Les lieux de reproduction

    p90 p.55 «La morue se nourit de créatures marines qui pullulent aux points où les courants chauds et froids se rencontrent, où le courant du Golfe “(Gulf Stream)“  frôle le courant nord-américain du Labrador, puis où il rencontre les courants artiques des îles Britaniques, de la Scandinavie et de la Russie.
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  • La morue du Pacifique se tient au large de l'Alaska, où le courant chaud du Japon touche le courant arctique.
    p.88 «Dans l'idéal, cette espèce pond dans des eaux dont la température est comprise entre quatre et huit degrés Celsius...
    p.56 «De Terre-neuve au sud de l'Angletere, il existe une série de zones peu profondes, qu'on appelle des «bancs» ; le plus méridional étant le banc Georges, au large du Massuchusetts, qui est plus vaste que cet Etat. Plusieurs grans bancs de Tere-Neuve et du Labrador reçoivent le nom collectif de Grands Bancs...
    p.57 «En mer du Nord, on trouve des zones analogues ; mais sur les bancs nord-américains, où les eaux du golfe du Mexique rencontrent les eaux arctiques du Groenland, la densité de morue est bien supérieure à ce qu'elle est en Europe. Tel est le secret que les Basques découvrirent...

L'abondance


p.15 “(à Petty Harbourg - port le plus oriental de l’Amérique du Nord)“ «En été, avant qu'elles ne se raréfient, les morues approchaient si près de la côte que les pêcheurs pouvaient les prendre dans des nasses, ingénieux dispositifs inventés au Labrador au XIXème siècle.
p.15 «En septembre, quand la morue commençait à se déplacer plus loin au large, la saison de la pêche à la ligne à la main débutait... Les trois hommes d’un bateau auraient eu chacun leur ligne ... auraient hissé des prises pesant entre huit et trente livres... “(en fin de journée)“ Chaque embarcation s’en serait retournée avec une tonne ou une tonne et demie de morues...
[1838-1895]: p.62 «En 1838, on prit un exemplaire de quatre-vingts kilogrammes sur le banc Georges et en mai 1895, au large de la côte du Massacusetts, on tira à la ligne une morue de six pieds, pesant quatre-vingt-quinze kilogrammes.
p.84 ... «Les eaux locales étaient si riches en homards que ces animaux rampaient hors de la mer et formaient des amas un peu inquiétants sur les plages...
p.44 «La morue aurait dû durer toujours : longtemps, on pensa qu'elle le ferait. En 1885, le ministère de l'agriculture canadien déclarait encore : «A moins que l'ordre de la nature ne soit renversé, pour les siècles à venir nos pêcheries continueront d'être fertiles...

Les lieux de pêche


Les grands bancs p.87 «Chaque printemps, les Européens arrivaient pour pêcher sur les Grands bancs, et se disputaient les espaces de côte nécessaires au séchage de leurs prises - ce qu'il appelaient leur «poissonnerie...
«Les terre-neuvas pêchaient durant tout l'été. Avant que la glace ne durcisse, ils tentaient d'attraper une bonne risée d'Ouest pour retourner vers l'Europe. ...
Les côtes sud de l'Islande p.88 «Les morues se présentent près des côtes sud de l'Islande au plus sombre de l'hiver, ...
Les côtes de la Nouvelle-Angleterre p.88 «La Nouvelle-Angleterre constitue la zone de peuplement la plus méridionale pour la morue de l'Atlantique.

Evolution des techniques de pêche


La pêche depuis la côte

p.138 La ligne à la main «Jusqu'alors, la principale technique de pêche à la morue restait la ligne à main, précisément la méthode que les pêcheurs côtiers de Terre-Neuve continuent d'employer. Parfois on disposait d'un écarteur à l'extrémité de façon à installer deux ameçons appâtés au lieu de un.


La pêche au large (sur les Bancs et en Mer du Nord).

[1815]: p.137 Les longues lignes «La première impulsion pour moderniser la pêche à la morue vint de France. En 1815, le nouveau pouvoir décida de subventionner la reconstruction des pêcheries nationales, qui avaient été dévastées par la révolution et le guerres napoléoniennes... «Les Français équipèrent leurs flottes de Terre-Neuve de longues lignes, également connues sous le nom de «palangres», «lignes à poste» ou «lignes traînantes...
p.139 «Elles “(les lignes)“ pouvaient varier d'un minimum d'un demi-mille à un maximum de quatre ou cinq milles. Chaque mètre environ, une aiguillette armée d'un hameçon y était attachée... «Certaines de ces ligne ont jusqu'à dix mille hameçons attachés sur elles... «Dans son doris, le marin ramait le long de la ligne, qu'il relevait pour récupérer le poisson, avant de réappater et de remouiller le câble...
p.140 «La principale objection des Scandinaves à la longue ligne fut qu'elle était déloyale, c'est-à-dire antidémocratique. La palangre nécessitait un capital pour acheter de grandes quantité d'appâts ; ceux qui ne pouvaient se procurer ces leurres n'avaient aucune chance de pêcher.


p.143 Les filets maillants «Joncas “(L.Z. Joncas ministre canadien)“ choisit d'argumenter en faveur des filets maillants, parce que ces engins ne requéraient pas la grande quantité d'appâts indispensables aux palangres.
«Un fillet maillant ets un filet ancré juste au dessus du plancher de l'océan... L'engin est marqué par des bouées. Les pêcheurs n'ont qu'à le remonter chaque jour pour y récupérer les prises. Il arrive que le filet se détache de ses ancrages. En dérivant dans l'océan, il continue de pêcher jusqu'à ce qu'il devienne si lourd qu'il coule. Au fond de la mer diverses créatures se régalent des prises. “(Puis)“ le filet recommence à flotter et le processus reprend...


p.150 Innovations «La mer du Nord, partagée entre huit nations souveraines animées d'un violent esprit de compétition dans le domaine de la pêche, fut le laboratoire des innovations.


p.150 Les filets «Mais quand ils eurent un moteur, un filet halé juste au dessus du plancher de la mer devint leur engin de pêche le plus habituel.


[1895]: p.151 Les chaluts «Ce chalut-poche fut le prototype des dragueurs de fond modernes. En 1895, il était devenu l'équipement standard de la flotte britannique en mer du Nord.


Les bateaux à voile
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  • Le schooner en Nouvelle-Angleterre (w)
    “(Précurseur de la Goélette)“
    [1700..]: p.101 [Début du XVIIIème siècle]:
    «C'était un petit vaisseau élégant à deux mâts, avec un gréement de voiles auriques, et capable d'admettre une impressionnante quantité de toile...
    En réduisant le temps de navigation entre le banc Georges et les claies de séchage sur la côte, le schooner multiplia la production de conserves «West India.



Les smacks
[1837]: p.150 «Des bateaux dragueurs à voile, appelés «smacks» («claques») commencèrent à travailler notamment après 1837.


Les bateaux à moteur

L'arrivée du moteur
[1850]: p.151 «C'est là “(sur la rivière Humber (côte Est du Royaume Uni))“ que l'énergie de la vapeur fut, pour la première fois, vouée à la pêche. Des navires à aube et à vapeur commencèrent à haler des filets en long et en lage sur les bancs de la Mer du Nord... «Dans les années 1890, plus un seul chalutier à voile ne sortait de Hull, et les vapeurs étaient devenus communs en Mer du Nord.


Les bateaux-usine
p.144 «Il “(Joncas)“ recommanda au gouvernement d'aider les pêcheurs canadiens à acquérir de grands bateaux, avec des ponts spacieux pour embarquer la totalité du matériel du traitement du poisson. Ce qu'un jour, on appelerait un «bateau-usine» ...
«Au milieu du XIXème siècle, le moteur à vapeur avait été mis au point ...
«Aussitôt surgit une autre idée : La conservation des aliments par le froid...
«Une fois ces deux inventions réunies, la nauture même de la pêche commerciale s'en trouverait boulleversée.


Les chalutiers à coque d'acier
[1918]: p.152 «Finalement, en 1918, des chalutiers à coque d'acier furent construits à Bath, dans le Maine. Une flotte de chalutage se développa dans le Maine


Les chalutiers à moteur diesel
[1928]: p.157 «A partir de 1928, des chalutiers à moeur diésl prouvèrent qu'ils étaient encore plus efficaces que ceux à vapeur.


Fin des bateaux à voile
[1930]: p.150 Les Français continuèrent à envoyer des bateaux à voile et des doris surt les Grands Bancs jusque dans les années 1930, alors que la plupart des pêcheries d'Europe du Nord étaient déjà motorisées. L'ultime navire portugais qui travailla sans moteur sur les Grands Bancs, le Anna Maria, coula dans une tempête en 1958.

Une ressource jugée éternelle


[1858]: p.140 «Rares furent les mesures de pure conservation, comme la loi de 1858, qui, à terre-Neuve, imposa la taille des mailles des filets de pêche au hareng. Mais il était difficile de songer à la surpêche alors que les chiffres de prises s'amélioraient d'année en année.
[1883]: p.141 «En 1883, à l'Exposition internationale sur la pêche de Londres, qui fut suivie par la plupart des grand pays du monde, Huxley “(Thomas Henry et non Aldous)“ prononça une allocution où il expliqua que la surpêche était une appréhesion non scientifique et non fondée.
[1885]: p.142 «Durant les cent années qui suivirent, l'influence d'Huxley se réfléta dans la politique du gouvernement canadien de l'Agriculture. “(L.Z. Joncas ministre canadien déclare :)“ «Pour ces poissons qui, tels la morue, le maquereau, le hareng, ... j'irais jusqu'à prétendre que leur protection est iutile. Je dirais qu'il est impossible, non seulement de les épuiser, mais même de réduire sensiblement leur nombre par les moyens aujourd'hui employés à leur capture.

La pêche intensive


p.160 «Le développement le plus notable advint durant la Seconde Guerre modiale, lorsque les trois innovations - moteurs puissants, chaluts traînants et congellation - furent réunis sur d'énormes navires. «Dans les années 1950 - la période dont on pense aujourd'hui qu'elle fut l'âge d'or du chalutage au long cours - les captures de morues crûrent chaque année en mer du Nord, en Islande, en Norvège, sur les Grands Bancs, dans le golfe du Saint-Laurent et le long de la côte de la Nouvelle-Angleterre.
«Existait-il une limite dans ce qu'on pouvait prélever ?... Les pêcheurs commencèrent à s'inquiéter...
p.161 «Mais la technologie continua de se focaliser sur un seul but : capturer toujours plus de poisson. Les navires-usines attaignirent des longueur de cent trente mettres ou davantege, pour des capacité de quatre mille tonnes ou plus, avec des moteurs diésel de six mille chevaux, tractant des chaluts dont la gueule aurait été assez large pour avaler un jumbo-jet. Le chalutier relevait son monstreux filet toutes les quatre heures, vingt quatre heures par jour...
«Après le passage de l'engin, le plancher de l'océan est un désert.
p.163 «Les bancs de poisson sont désormais localisés au sonar ou grâce à des reconnaissances aériennes...

Le constat

“(Constat de diminution des effectifs de morues à Petty Harbourg (Terre-Neuve))“
p.14 : «Plus de baleine ! Rien ... Depuis des années, il “(Sam, un pêcheur à la igne)“ n’a pas vu un hareng, ni un capelan que cherchent les baleines à bosse. Les calmar semblent s’être évanouis ...
[1955]: p.16 « En 1955, le Sierra Club, fameuse organisation de défense de la nature, notait dans son magasine :
«Voici plus d’une génération, les pêcheurs de Petty Harbourg ont mis hors la loi les pratiques destructrices,
comme le chalutage et la grande pêche à la traîne ...
[1980]: p.12 «Dans les années 1980, les scientifiques officiels avaient ignoré ce cri d’alarme des gens de la côte :
«Les morues vont disparaître».
“(Constat de diminution des effectifs de morues en mer du Nord)“
p.166  «Une décennie à peine après avoir à nouveau assuré aux Canadiens et au monde que les eaux voisines de la Grande-Bretagne «ne présentait aucun signe d'épuisement» et que même ce dernier était «scientifiquement impossible» les Britanniques découvrirent que les réserves de morues de la mer du Nord étaient bel et bien vides...
[1902]: p.167 «En 1902, ... Les superbes chalutiers anglais à coque d'acier s'étaient déjà déplacés de la mer du Nord vers l'Islande.

“(Constat de diminution des effectifs de morues en Islande)“
[1954]: p.184 «Après 1954, les prises de morue en Islande commencèrent de s'effondrer de façon inquiétante. Ce fut vrai aussi du saumon... Au total, en Islande, les captures de poisson de fond diminuèrent de seize pour cent entre 1954 et 1957.

Zone des deux cents milles


[1976]: p.195 «Après que la zone islandaise des deux cents milles eut été acceptée, en 1976, nombre de pays revendiquèrent leur propre territoire marin. Quatre-vingt-dix pour cent des fonds de pêche connus dans le monde se trouvent à moins de deux cents milles des côtes d'un pays.
p.196 «Si la zone des deux cents milles sert à exclure les étrangers, comme c'est le cas général, le pays n'a que ses propres pêcheurs à contrôler. Les Islandais en ont fait la clé de leur gestion effective.
“(Dès lors, La régulation de la pêche incombe aux états)“
«La Communauté européenne tente de résoudre ce problème grâce à sa bureaucracie régulatrice en instituant une «politique commune de la pêche»...

Le moratoire canadien


[1992]: p.11 « En Juillet 1992, le gouvernement canadien a fermé la pêche de fond dans les eaux de Terre-Neuve, les Grands Bancs et la majeure partie du golfe du Saint-Laurent.
Le «programme Sentinelle» (Surveillance des populations de morues) :
p.12 « Désormais, deux bateaux de Petty Harbour participent à la «Pêche Sentinelle» : Un programme conçu pour amener scientifiques et pêcheurs à travailler ensemble.
p.22 « Ils mettent le cap sur le port. Ils n’ont marqué que quarante morues, dont la plus grosse mesurait à peine soixante-seize centimètres. Dix ans plus tôt, cette championne aurait figuré dans la moyenne. Sur les quarante prises, seules trois étaient assez âgées pour frayer.
p.13 « Les pêcheurs «Sentinelles» démontrent par leurs misérables prises, bien trop petites et trop jeunes, qu’on est loin d’avoir assez de poissons pour en permettre à nouveau l’exploitation.

Limitation de la pêche en Islande


[1995]: p.196-197 «Le gouvernement islandais s'est aperçu qu'il devrait refréner la capacité de sa propre pêche... “(mailles plus grandes, restriction du volume de la flotte et de jours de pêche... )“
«En 1995, un système fut institué, qui restraignait le total des captures à un maximum de vingt-cinq pour cent des réserves estimées.

Les dangers de l'aquaculture et de la pisciculture


p.219 et suivantes : l'aquaculture (w) et la pisciculture (w)
“(On se tourne vers l'aquaculture et la pisciculture, avec leurs avantages et leurs inconvénients.)“
p.225 «Non seulement les gastronomes, mais les scientifiques sont préoccupés par la pisciculture. Les morues élevées en enclos ont un taux de croissance phénoménal. Elles sont plus grosses, au même âge, que leurs congénères sauvages de la population nordique... Dans la mesure où la taille détermine la fécondité, il peut sembler que l'élevage en captivité, puis le relâchage dans la nature, constitue une bonne solution pour reconstituer les réserves. En fait c'est une méthode dangereuse.
p.225 «Si une morue n'est pas résistante aux maladies, si elle ne sait pas fuir les prédateurs, si elle manque d'habileté pour chasser, si ... elle ne survit pas en liberté alors qu'elle peut vivre en captivité.
p.226 «Les conséquences génétiques de l'élevage des poissons demeurent inconnues... Les écloseries de saumons ont remis tellement d'alvins dans la nature que, en 1996, dans toute la Nouvelle-Angleterre, on estime qu'à peine cinq cents des saumons récupérés possédaient encore la variété génétique originelle de l'espèce.
p.226 «Les scientifiques n'ont aucun moyen de savoir, mais peuvent seulement espérer que le minuscule banc résiduel de morues de la population nordique recèle encore la totalité du faisceau de caractères autrefois présents dans le pool génétique de quelques millions de sujets.

La surpêche en général


p.227 et suivantes : «La surpêche constitue un problème global de plus en plus grave.
«Environ soixante pour cent des types de poissons étudiés par la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations unies entrent dans les catégories «exploité», «surexploité» ou «épuisé».
    - «La côte atlantique américaine a été témoin d'un dramatique déclin de sa population de thons bleus...
    - «Les réserves d'espadon de l'Atlantique tempéré diminuent...
    - «Les conques et les mérous disparaissent aux Caraïbes...
    - «Le lutjan rouge est en danger d'extinction commerciale dans le golfe du Mexique...
    - «Le Pérou est en train de perdre ses populations d'anchois...
    - «Le lieu s'éteint dans la mer d'Okhotsk, en Sibérie Orientale...

«Parce que quatre-vingt-dix pour cent des zones de pêche mondiales leur sont interdites par la limite exclusive des deux cents milles, les pêcheurs se tournent vers les grandes profondeurs pour exploiter de nouvelles espèces ...

«L'océan Atlantique étant, de longue date, surexploité par les Européens, l'effort de pêche s'est tourné vers le pacifique, où se sont mises à travailler non seulement les énormes flottes du Japon, de la Russie, des Etats-Unis et de la Corée, mais aussi celle de la Chine, laquelle a considérablement accru sa puissance de pêche.

...

“(La fin de cet excellent ouvrage n'est guère plus rassurante ;
Vous qui avez eu la curiosité de me suivre jusqu'ici,
je vous invite à vous procurer le livre ;
Ses denières pages montrent à quel point les équilibres naturels sont sensibles.
Comment préserver puis restaurer les ressources (imposer des normes, des quotas, ... )
reste des sujets toujours brulants et d'actualité.)“


- O -

Voici résumée, à ma façon et au seul moyen d'extraits de lecture,
cette histoire mondiale de la pêche à la morue,
dans laquelle s'écrit celle de nos «Terre-neuvas» et de nos «Islandais» Bretons et Normands
partis sur ces mers lointaines à bord de leurs Goélettes.

Mais ...

Mais, évidemment, rien ne vaut la lecture directe du beau livre de
Marc Kurlansky
«Un poisson à la conquête du monde»
ou
«la fabuleuse histoire de la morue»
(JC Lattès - Mars 1999)

Illustrations :


Les Pélerins du Mayflower (yt-1h26)
Epopée en Amérique, Histoire populaire du Quebec
       1 Vaincre la mer (1534-1608) (yt-52mn)
       2 Naissance d'une colonie (1608-fin du XVIIème (yt-52mn)
       3 Explorer un continent (1608-1743) (yt-52mn)
       4 L'habitant (1608-1760) (yt-52mn)
       5 Victoires et défaites (1629-1760) (yt-52mn)
Saint Pierre et Miquelon, contre vents et marrées (yt-52mn)
Les bâtisseurs de Saint Pierre et Miquelon (yt-51mn)


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